Le secteur bancaire, en tant que marché concurrentiel, est peu compétitif. Il y a peu d’acteurs comparé à d’autres pays africains (28 en Côte d’Ivoire, 25 au Sénégal). Les banques affichent souvent de très bons résultats. UBA a, par exemple, vu son résultat net passer de 1,3 milliards de FCFA en 2017 à 3,5 milliards de FCFA en 2018.
Le bénéfice net après impôt de la BICIG a augmenté de 14,3 % en 2018. Le bilan agrégé des banques a progressé de 11 % entre le 31 mars 2018 et le 31 mars 2019, il s’établit actuellement à 2 688 milliards de FCFA. Cette hausse est due à l’augmentation des capitaux permanents (+16,9 %) ainsi qu’à celle des dépôts (+11,5 %).
Le secteur bancaire gabonais se caractérise également par une situation de surliquidité avec un excédent de trésorerie s’élevant à 714 milliards de FCFA (plus d’1 Md EUR) marquant ainsi une progression de 7,7 % entre avril 2018 et avril 2019.
Outre l’effet du rapatriement des avoirs extérieurs dans le cadre de la mise en application de la nouvelle règlementation des changes, cet état est surtout le signe d’un secteur bancaire qui peine à trouver des entreprises et des projets à financer.
Ainsi, l’encours des crédits a augmenté de 3,2 % entre le 31 mars 2018 et le 31 mars 2019. Le montant des crédits accordés aux entreprises a quant à lui augmenté de 9,7 % sur la même période et représente 67,7 % du total des crédits. Il reste néanmoins difficile pour les banques de financer le secteur privé. Car les entreprises, lorsqu’elles sont déclarées, présentent des documents peu fiables et souvent incomplets.
Par ailleurs, les taux des prêts proposés par les banques sont très élevés, de l’ordre de 15 %, et découragent bien souvent les particuliers et les entreprises d’en faire la demande. Néanmoins, au second semestre de 2018, la majorité des nouveaux crédits octroyés représente des crédits à court terme pour des entreprises privées.
Les crédits octroyés aux administrations publiques ont diminué de 5,2 % au premier trimestre 2019. La couverture des crédits par les dépôts ne cesse d’augmenter, elle s’établissait à 158 % en février 2019 alors qu’elle était de 141 % en juillet 2018. Les dépôts ont augmenté de 1,3 % entre le 31 décembre 2018 et le 30 avril 2019 (les dépôts des entreprises ont notamment augmenté de 4 %).
Cette hausse s’explique par la nouvelle réglementation des changes qui oblige les entreprises à rapatrier leurs avoirs extérieurs. De fait, cette mesure a contribué à compenser l’application d’une recommandation du FMI concernant la mise en place d’un compte unique du Trésor devant conduire à la fermeture des comptes de l’État dans les banques commerciales.





























