La diversification de l’économie gabonaise, qu’elle soit verticale ou horizontale, fait face à des contraintes objectives qui freinent le développement de politiques industrielles.
Dans le secteur minier par exemple, une montée en gamme de la transformation locale du minerai de manganèse implique un besoin en énergie auquel les infrastructures énergétiques actuelles, notamment dans la région de Franceville / Moanda (Sud-Est du pays), sont incapables de pourvoir.
Dans le secteur pétrolier, la raffinerie nationale (SOGARA), créée à Port-Gentil en 1967 dans une optique régionale (Cameroun, RDC, Tchad, Centrafrique), se révèle un outil industriel obsolète, contraignant le pays à raffiner la majeure partie de son brut à l’extérieur du pays.
Par ailleurs, le manque d’infrastructures de transports limite le développement du secteur privé, le Gabon ne comptant que 10 % de routes bitumées et une seule ligne de chemin de fer (Transgabonais) reliant l’intérieur du pays à la côte.
Ainsi, l’extrême dépendance au Transgabonais comme voie d’évacuation des ressources engendre une saturation des canaux logistiques pour les industries minières, du bois, de l’huile de palme… avec un goulot d’étranglement au niveau de la zone économique de Nkok (à l’entrée de Libreville).
A l’été 2018, un accident sur les voies (déraillement d’un train minéralier) a contraint une interruption du trafic pendant cinq jours, entrainant une perte d’activité substantielle pour l’économie du pays. L’absence de main-d’œuvre qualifiée est également un frein à la diversification économique.
Alors que les entreprises privées ont besoin d’ouvriers qualifiés – soudeurs, électriciens, machinistes, conducteurs d’engins etc. –, le système éducatif gabonais ne parvient pas à offrir ce type de compétences.
Dans les secteurs à fort contenu technologique, une pénurie de main-d’œuvre hautement qualifiée, preuve supplémentaire de l’inadéquation entre les besoins du marché du travail et le système éducatif, ne permet pas de développer une activité en adéquation avec la législation locale du travail, restrictive sur l’emploi des étrangers.
Dans le même temps, les activités liées à l’agro-industrie, qui ne demandent pas de qualifications particulières, n’attirent que marginalement les Gabonais au chômage, tant les conditions de travail sont difficiles. L’accès limité aux financements des PME est également un frein à la diversification de l’économie gabonaise, n’offrant pas un cadre économique solide à l’entreprenariat local.
Alexandre Le-grand






























