Dans la poursuite de la mise en œuvre du Plan de relance économique (PRE) et de la Task force sur les finances publiques, le gouvernement vient de décider de la réduction de 50% de la Main d’œuvre non-permanente (MONP).
Si cette question fait l’objet de moult interrogations, notamment sur l’avenir réservé à cette catégorie de salariés, elle trouve tout de même son importance dans le processus engrangé. Ramener la masse salariale de 710 milliards à 400 milliards d’ici 3 ans, c’est l’objectif de l’Etat gabonais en vue de répondre aux normes internationales. Un processus qui requiert des sacrifices sur toute la chaine des agents de l’état. A côté de l’exigence de résultats faite aux fonctionnaires, le gouvernement vient de décider de se séparer de 50% de la main d’œuvre non –permanente.
Estimée aujourd’hui à plus de 32 milliards soit 41% à Libreville et 59% à l’intérieur du pays, selon les autorités la MONP visait à l’origine une population de travailleurs de faible qualification dédiée à pourvoir des emplois non permanents qui étaient difficiles à classer dans les corps de la fonction publique, exerçant dans le gardiennage, le jardinage, le ménage, entre autres.
Mais au fil du temps, certaines pratiques ont contribué à transformer cette main d’œuvre supposée non permanente en une main d’œuvre permanente, non régularisée, inscrite dans les effectifs de l’administration publique, dans certains cas en situation de non employabilité.
30 000 sur 100 000 fonctionnaires recensés
L’impact sur la masse salariale ne s’est pas fait attendre puisqu’elle représente aujourd’hui 15% des agents de l’état, soit 30 000 sur 100 000 fonctionnaires recensés dans le pays. Une charge pour l’état qui s’est engagé depuis 2016 dans le processus de Plan de relance de l’économie avec pour, entre autres, exigences « l’assainissement des finances publiques et la rationalisation de la masse salariale ».
La task force sur les finances publiques tenue en juin 2018 a donc été déterminante dans la mise en œuvre de ce processus. Selon les conclusions, la réduction de moitié de la MONP répond au processus d’amélioration des conditions de travail des agents publics ; de garantie d’un meilleur service public, par la mise en valeur de son capital humain à travers des positions d’employabilité́ productive ; de performance et d’efficacité de l’administration. Le but étant d’apporter une réponse concrète aux nombreuses carences très souvent décriées par les agents publics, à savoir un profil ; un emploi ; un poste de travail ; des tâches à réaliser et un rendement.
Responsabilité de chaque département ministériel
Mieux, selon le gouvernement, la concrétisation de cette mesure permettra d’identifier les personnes en abandon de leur poste de travail ; les personnes touchées d’incapacité́ ; les personnes dont le rendement n’est pas avéré ; les personnes touchées par l’âge de départ à la retraite qui est fixé à 55 ans pour la MONP ; les personnes employées dans des services en inadéquation avec leur formation ou leur profil.
Si cette responsabilité est donnée premièrement au ministère de la Fonction publique, chaque département ministériel devra, toutefois, jouer sa partition. Il s’agira notamment de veiller à la bonne employabilité́ des agents ; au recrutement des agents en fonction de l’expression avérée des besoins des services ; à la qualité́ des conditions de travail des agents ; à l’efficacité́ et à la performance des agents publics.
Existence juridique et possibilité de reconversion
Par ailleurs, à côté de la nécessité de maitriser la masse salariale, cette réduction représente non seulement une opportunité pour le gouvernement mais aussi une plus-value pour la MONP. En effet, au nombre des résultats attendus, on compte l’amélioration de la gouvernance de la gestion des ressources humaines en corrélation avec les besoins réels de chaque administration ; l’adoption d’un régime juridique adéquat prenant en compte cette catégorie d’agent, l’externalisation de certains services ; la reconversion et formation des agents répondant aux exigences de performance de l’administration.
Alexandre Le-grand






























