La grève des régies financières débutée au mois de juillet 2020, affiche une note bien salée pour l’Etat. Son manque à gagner est aujourd’hui estimé entre 120 à 160 milliards de FCFA.
Mais au fur et à mesure que le mouvement se poursuit, il y a tout de même lieu de s’interroger sur celui qui tirera son épingle de ce jeu pernicieux. Autrement dit à qui profitera le crime. A moins d’être nihilistes, la grève des régies financières ne profitera à personne.
Car, estimé entre 30 et 40 milliards de FCA par mois, son manque à gagner constitue un véritable facteur risque pour l’économie gabonaise, au même titre que la crise de la Covid – 19, qui entrainé la baisse de régime du commerce extérieur et la chute des cours du pétrole. Cette situation a pesé lourd lors de l’élaboration de l’actuelle Loi de finances 2021 en examen au Parlement.

Toutefois, dans un contexte de crise économique conjugué par la baisse du prix du baril de pétrole et accentué par la pandémie à coronavirus, les autorités gabonaises travaillent à préserver le modèle social et financer le développement des infrastructures.
Or, le levier de cette orientation politique et sociale, le plus sûr et par excellence que peut activer l’Etat, reste sans doute, la mobilisation des ressources propres qui, malheureusement, est impactée par cette grève des régies financières.
Faut-il le rappeler, pourtant ce sont ces ressources budgétaires qui permettent à l’Etat de remplir ses obligations sociales. A l’instar de payer les bourses, les retraites, assurer la CNAMGS… Hors ces multiples mouvements d’humeurs, en dépit de leur reconnaissance juridique et légale finissent par se muer en facteurs bloquants financiers. Empêchant ainsi cet Etat d’assumer ses missions régaliennes.
De là, se pose la question savoir si les leaders syndicaux de ces administrations, des fonctionnaires payés par le contribuable gabonais, ont le droit de mettre en péril, la réalisation des projets structurants d’intérêt général, au profit de leurs intérêts personnels? A chacun d’apprécier…
Autres soucis, existe-t-il des revendications légitimes, quand la pérennité du modèle sociale est mise en cause? Ou alors, pourquoi les partenaires sociaux des régies financières qui, pourtant perçoivent régulièrement leur salaire, paralysent le fonctionnement des administrations dont ils en dépendent, quand beaucoup de compatriotes vivent malgré dans des conditions des plus indélicates?
Appel à une prise de conscience
En demandant au Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda de prendre toutes les dispositions nécessaires, pour ramener la sérénité au sein des régies financières et de travailler à l’amélioration des conditions de travail des employés de ce secteur, le président de la République, Ali Bongo Ondimba est tout à fait conscient de l’impact de leur mouvement d’humeur sur l’économie du pays. En outre, il se voudrait également soucieux de maintenir le dialogue avec les partenaires sociaux, avant de lancer enfin, une invite aux uns aux autres à une prise de conscience.
Pour rappel, la grève illimitée dans les régies financières a débuté le 16 juillet 2020. Elle a été initiée par plusieurs organisations syndicales à l’instar de la Fédération des collecteurs des régies financières (Fecorefi), le Syndicat national des travailleurs de la douane (Synatrad), le Syndicat national des agents du Trésor (Synat), et le Syndicat national des agents des hydrocarbures (Synahydro).





























