Les services du Fonds monétaire internationale (FMI) viennent de boucler leur séjour en terre gabonaise. Cette mission conduite par Boileau Yeyinou Loko avait pour but de mener des discussions sur les consultations au titre de l’article IV et sur les quatrième et cinquième revues de l’accord conclu par le Gabon au titre du Mécanisme de facilité élargie de financement qui a été approuvé en juin 2017 .
Selon la délégation du FMI, les discussions avec les autorités sur les politiques économiques et financières susceptibles d’aider à mener à bien les quatrième et cinquième examens du programme, ont sensiblement progressé. Et au terme de ce séjour d’une dizaine de jours, il ressort que l’économie se redresse lentement, mais il reste encore des problèmes importants à relever pour générer une croissance plus forte et plus inclusive.
Amélioration de la gouvernance
Il a aussi été convenu que pour générer une croissance plus forte et plus inclusive, des mesures énergiques et des réformes ambitieuses seraient nécessaires pour améliorer la gouvernance, mobiliser davantage de recettes intérieures, améliorer la gestion et l’efficacité des finances publiques et promouvoir un environnement des affaires plus attractif.
Rebond de la croissance
L’activité économique a rebondi et la croissance devrait atteindre 3,4% cette année, contre 0,8% en 2018, principalement grâce aux bonnes performances des secteurs du pétrole, des mines et du bois. L’inflation est restée maîtrisée à 1% (en glissement annuel) en juillet 2019.
Amélioration du niveau de mobilisation des recettes
L’amélioration du niveau de mobilisation des recettes intérieures et une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement ont permis de réduire le déficit budgétaire hors pétrole de 11% du PIB non pétrolier en 2016 à 7,6% en 2018. Sur la même période, la position du compte courant extérieur s’est améliorée et la dette publique a diminué de près de 3,5% du PIB.
Ralentissement de l’assainissement budgétaire
Les perspectives économiques restent favorables et la croissance devrait augmenter progressivement pour atteindre 4% à moyen terme. Parmi les risques pour les perspectives macroéconomiques, on peut citer un ralentissement de l’assainissement budgétaire au Gabon ou dans d’autres pays membres de la CEMAC, ainsi qu’un ralentissement de la croissance mondiale. Cependant, , il existe également des risques à la hausse, liés notamment au volume élevé d’investissements étrangers directs dans les secteurs pétrolier et non pétrolier.
Générer une croissance non pétrolière plus forte, durable et plus inclusive
La priorité continue de générer une croissance non pétrolière plus forte, durable et plus inclusive. Cela nécessite des mesures macroéconomiques ambitieuses et des réformes structurelles ambitieuses pour améliorer la gouvernance économique, accroître la mobilisation des recettes intérieures, améliorer la gestion et l’efficacité des finances publiques et un environnement commercial plus attrayant.
Stimuler les administrations fiscale et douanière en modernisant leurs systèmes d’information
Les efforts récents ont entraîné une légère augmentation des recettes non pétrolières au cours des deux dernières années. Les autorités se sont engagées à poursuivre ces efforts et ont convenu avec les services du FMI qu’il était essentiel de rationaliser les dépenses fiscales. La mission encourage également les autorités à continuer les administrations fiscale et douanière en fournissant les ressources nécessaires à l’exercice de leurs fonctions et en modernisant leurs systèmes d’information.
Amélioration de la qualité des dépenses publiques
Les services du FMI et les autorités ont convenu qu’il était urgent d’améliorer la qualité des dépenses publiques. La poursuite des efforts visant à rationaliser les dépenses courantes, en particulier les transferts aux agences et institutions publiques, ainsi que la restructuration de certaines entreprises publiques structurellement déficitaires (en particulier dans le secteur pétrolier) devrait générer l’espace nécessaire au financement des dépenses sociales et d’investissement, mais aussi à renouveler le cadre de gestion des investissements publics, à en renforcer la gestion et à réviser le cadre juridique des marchés publics, notamment en renforçant l’indépendance des marchés publics. Agence de régulation des marchés publics.
Des efforts plus acarus en dépenses sociales
Les dépenses sociales doivent bénéficier des efforts accrus des autorités pour atteindre des niveaux de mise en œuvre adéquats, en particulier dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Atteindre cet objectif impliquerait également de renforcer l’efficacité de ces dépenses et de garantir leur impact réel sur les plus populations vulnérables.
Paiement intégral des arriérés extérieurs et éviter toute accumulation d’arriérés extérieurs
La mission s’est également félicitée du paiement intégral des arriérés extérieurs et des mesures prises pour éviter toute accumulation d’arriérés extérieurs. Elle encourage les autorités à faire de même avec les arriérés intérieurs. Cela contribuera à stimuler l’investissement privé.
Selon le Fonds, empêcher l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs exige en particulier la mise en place de mécanismes efficaces pour optimiser la gestion de la trésorerie de l’État et pour assurer la stricte application des règles et procédures d’exécution du budget, ainsi que des efforts continus pour déployer et moderniser les systèmes d’information budgétaire et comptable et étendre leur utilisation à toutes les agences autonomes et unités extrabudgétaires.
Amélioration du climat des affaires
Enfin, il a été convenu que la poursuite des efforts en cours pour améliorer le climat des affaires est essentielle pour générer une croissance durable et plus forte. L’objectif est de faciliter la création et le développement d’entreprises, en particulier de petites et moyennes entreprises. Il est également important d’élaborer une stratégie nationale d’inclusion financière.
Les autorités gabonaises et l’équipe du FMI ont considérablement progressé dans les discussions sur les politiques et les réformes nécessaires pour mener à bien les quatrième et cinquième revues du programme appuyé par le FEP. Les discussions seront finalisées à Washington DC lors des prochaines assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.





























