L’approche a été expliquée à la faveur d’un entretien du Directeur général, Francesco de Musso avec la presse, il y a quelques jours.
A contexte spécial, dispositions spéciales. C’est le moins que l’on puisse dire à la suite de cet échange de Francesco de Musso avec la presse portant sur les effets du Covid-19. Notamment au plan économique ainsi que sur les mesures prises par le groupe pour affronter cette crise.
Bien optimiste, ce du fait qu’il y aura un ‘’après’’ Covid-19, qui redéfinira les priorités du secteur, le directeur général de BGFIBank Europe reconnait néanmoins que la pandémie de Covid-19 a placé le secteur bancaire dans l’œil du cyclone. Face à cette situation, il a rassuré ses clients et partenaires de l’accompagnement de la banque en ces périodes difficiles.
Dans ce cadre, en vue de faire face au Covid-19 et d’assurer la continuité de ses services, M. de Musso a prescrit le suivi scrupuleux des directives sanitaires comme les gestes barrières, le respect des distances de sécurité, le port d’équipements ou encore la désinfection des locaux. Au niveau opérationnel, la Banque a également pris un certain nombre de mesures et s’est dotée d’une cellule de crise.
En effet, « Le 13 mars, BGFIBank Europe a activé son plan de continuité d’activité, avant même que le confinement ne soit décrété. Les membres du comité de direction font des points quotidiens sur la situation. Nous avons mis en place des groupes d’échanges en interne et nous avons élaboré un planning qui permet à nos collaborateurs d’alterner entre télétravail et travail sur site, pour éviter tout risque de contamination. Toutefois, certaines opérations nécessitent de travailler sur des documents originaux, ce qui nous oblige à être sur place », souligne-t-il.
Au niveau de la surveillance, il fait également état des réunions quotidiennes avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), ainsi que d’une revue hebdomadaire du portefeuille de crédits avec les clients plus importants. Cela, afin de mesurer les impacts du Covid-19 en termes de recouvrement et d’activité.
Dans le cadre du réaménagement des activités du Groupe, et en phase avec la maison mère à Libreville, la filiale européenne du Groupe BGFIBank joue un rôle de pilotage, dans la mesure où la France est le pays d’implantation du groupe le plus touché aujourd’hui, relève-t-il. Ainsi le télétravail et la réduction des heures de travail de 2 à 3 heures par jour, en fonction des pays sont désormais de mises.
S’agissant des impacts du Covid-19 sur les activités de BGFIBank Europe, Francesco de Musso déclare qu’il est encore difficiles de les estimer. Mais que toutefois, « au second trimestre, nous enregistrons d’ores et déjà une baisse d’activité de l’ordre de 10% et nous envisageons une baisse qui pourrait atteindre entre 20 et 30% sur l’année ».
Selon lui, « La crise du Coronavirus pourrait nous faire perdre 4 millions d’euros en termes de volume d’activité [sur un PNB de 14 millions d’euros, ndlr] […] À ce jour, le pire scénario serait la prolongation du confinement jusqu’à la fin du second trimestre, suivi de trois mois de relance pour une reprise en septembre ».
Pour aider les entrepreneurs à faire face à la crise, une autre stratégie est mise en place. « Nous appelons nos clients chaque semaine. Ils sont touchés de plein fouet par la baisse de leurs activités, car la plupart d’entre eux sont confinés. En matière de recouvrement, nous enregistrons de plus en plus de retards sur les paiements en dollars ou en euros et malheureusement, ça ne devrait pas s’améliorer dans l’immédiat […] », déplore-t-il.
Néanmoins poursuit-il, « Les marchés de l’alimentaire ou de l’énergie s’en sortent mieux, contrairement à celui des équipements par exemple. Mais globalement, tous les secteurs sont impactés […] Nous proposons à nos clients de réaménager leurs financements et de proroger les durées initiales. Nos financements généralement adossés à des opérations d’import-export, sont sur du court terme [inférieur à un an, ndlr], mais nous avons rééchelonné les paiements sur plusieurs mois ».
De plus, « Nous enregistrons de plus en plus de demandes de prêts garantis par l’État [PGE, dispositif de garantie de l’État de 300 milliards d’euros pour des prêts accordés par les banques afin de répondre aux besoins de trésorerie des entreprises impactées par la crise du Coronavirus, ndlr] de la part de nos clients basés en France », affirme-t-il.
Au cours de cet entretien, il réitère aussi le rôle que doivent jouer les banques pour soutenir le secteur privé pendant cette période de crise . «Nous avons une responsabilité civique et notre rôle est de continuer à soutenir les acteurs économiques en cette période difficile. Nous avons développé plusieurs solutions de m-paiement [solution BGFIMobile, ndlr], car il nous faut continuer à servir nos clients à distance, dans un contexte de confinement partiel ou total », conclu-t-il.
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