Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le contexte de la crise du Covid-19 au Cameroun devrait occasionner une récession de -1,2 % pour l’année 2020 (contre +3,7 % de croissance en 2019) et un creusement du déficit budgétaire (dons compris), qui devrait atteindre -4,9 % du PIB.
Car, bien que portée par une structure de production relativement diversifiée et dont la croissance est soutenue par le secteur non pétrolier depuis 2016, l’économie camerounaise reste dépendante de ses exportations de matières premières dont la chute des cours liée au Covid-19 renforce l’effet négatif du ralentissement mondial.
De plus, ses principaux partenaires commerciaux sont les pays européens (France, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne) (27,6% du total en 2018) et la Chine (20,4%), deux zones qui ont subi de plein fouet l’impact de la crise sanitaire.
Les exportations camerounaises, qui représentaient 8,6 % de la formation du PIB entre 2016 et 2018, sont composées en grande partie de pétrole brut (45 % des exportations en valeur en 2018). La chute des cours ne devrait a priori pas avoir d’impact trop fort sur le volume de production mais elle contribuera à creuser le déficit extérieur et devrait lourdement impacter les finances publiques : les recettes pétrolières, qui étaient attendues à 443 milliards de FCFA en 2020, ne devraient s’élever qu’à 267 milliards de FCFA (-40 %).
De même, le secteur du bois, deuxième poste des exportations camerounaises (16 % du total), connaît d’importantes difficultés suite à la chute de la demande chinoise qui est habituellement son principal débouché, dégradant fortement le cours du bois rond.
Les entreprises du secteur tentent donc de réorienter leur production vers d’autres marchés mais le contexte avant-crise de pression fiscale accrue par l’administration camerounaise et de concurrence forte avec le secteur informel menace les acteurs du secteur. Le coton naturel, représentant 6 % des exportations camerounaises, subi quant à lui les annulations de commandes des plus gros importateurs et une perte de compétitivité relative par rapport au polyester issu des hydrocarbures.
Le cours du coton a atteint jusqu’à 48,4 cents la livre début avril, soit son plus bas niveau depuis dix ans et un tiers de moins qu’en janvier (71,8 cents la livre). Au 1er mai, la livre de coton reprenait toutefois 20 % de sa valeur atteignant 58 cents la livre. Tous les postes d’exportations ne sont pas impactés par la crise, à l’image du cacao, troisième poste d’exportation (12 % du total). Ses cours se sont même appréciés de 13 % depuis le 1er avril, alors qu’ils sont d’habitude plutôt orientés à la baisse en cette saison.
L’augmentation de l’activité de transformation locale permet en outre de renforcer les débouchés pour les producteurs. Cependant, de manière globale, le Cameroun risque de subir une forte dégradation des termes de l’échange en 2020 et les exportations totales sont attendues en baisse de plus d’un quart par rapport à 2019.
Par ailleurs, les flux de capitaux étrangers tels que les investissements directs étrangers (404 milliards de FCFA en 2019) et les transferts de la diaspora (0,9 % du PIB en 2019) vont être fortement impactés par le ralentissement de l’activité mondiale. La Banque mondiale a estimé que les transferts d’argent devraient subir une baisse de 23,1 % à l’échelle de l’Afrique subsaharienne.
Avec la Direction générale du Trésor (France)































