Comme la plupart des secteurs économiques du continent, le secteur financier d’Afrique centrale a de nombreux défis à relever pour assurer son développement. C’est qu’indique un récent rapport du dialogue sur le secteur financier en Afrique centrale mené par la MFW4A et la Banque africaine de développement (BAD).
Selon ce rapport, il s’agit notamment du faible élargissement de l’offre de produits et services financiers, des faibles financements des entreprises, y compris le financement à long terme, de l’inaccessibilité des PME / PMI aux financements, de la faiblesse du tissu de la micro-finance, du manque de soutien aux économies en transition, du coût élevé des produits et services financiers et enfin, du manque de la promotion de l’éducation financière.
Élargir l’offre de produits et de services financiers
La densification de l’offre de produits et de services financiers est le principal défi que doit relever le secteur. Malgré le grand nombre d’établissements de crédit, les progrès accomplis dans le secteur de la micro-finance, l’établissement d’un marché financier et la restructuration du secteur de l’assurance, il convient aussi de noter que l’offre est très insuffisante. Elle affiche l’un des ratios crédit‐PIB les plus bas du monde (15 % en 2017), les besoins importants de financement de différents types de clients ne sont pas satisfaits. Les acteurs du secteur financier doivent donc innover pour adapter leurs offres et s’éloigner de la « normalisation » actuelle des produits et des services financiers.
Accroitre le financement des entreprises, y compris le financement à long terme
Le secteur bancaire, principale source de financement des économies de la région, est incapable de répondre à la forte demande de financement des entreprises. Nombre de ces entreprises ont des difficultés à accéder aux ressources nécessaires pour faire des investissements productifs. La disponibilité de ressources adaptées à des projets à long terme reste l’un des défis majeurs à relever dans ce domaine. Cependant, le secteur bancaire, qui ne dispose pas vraiment des ressources, ne prend pas suffisamment de mesures pour les obtenir. Quant aux marchés financiers de la sous‐région, ils sont incapables de jouer leur rôle pour mobiliser l’épargne à long terme.
En outre, la Banque de Développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), créée pour financer les projets de développement des pays membres de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC), reste, après plusieurs restructurations, caractérisée par des capacités limitées de financement.
Rendre le financement accessible aux PME/PMI
Bien que les grandes entreprises, principalement des filiales de multinationales, rencontrent moins de problèmes de financement, les PME/PMI ont déjà été confrontées à de nombreuses difficultés pour bénéficier de facilités pour financer leurs cycles d’exploitation. L’accès au financement à long terme est donc plus qu’improbable, si ce n’est impossible. Afin de financer ce segment de leur clientèle, les banques posent de nombreuses conditions, en particulier les garanties.
En fin de compte, les PME/PMI, dans leur recherche de ressources, doivent se débrouiller avec des taux d’intérêt prohibitifs ou une aide financière qui n’est pas adaptée à leurs besoins. Ces contraintes figurent parmi les principales causes de faillites des PME/PMI. De fait, il est nécessaire d’améliorer l’accès des PME aux financements bancaires et non bancaires pour soutenir leur développement et leur intégration progressive dans le secteur formel.
Poursuivre le développement et la professionnalisation du secteur de la micro-finance
La population rurale d’Afrique centrale est confrontée à d’énormes difficultés pour accéder aux services financiers offerts par le système bancaire. La micro-finance est une alternative viable pour améliorer l’inclusion financière. Cependant, elle est sous‐développée dans les pays dont la proportion de la population est la plus forte.
À lui seul, le Cameroun représente trois quarts du marché régional. L’appui à l’expansion de la micro-finance dans les pays de la sous‐région, principalement en République Démocratique du Congo (RDC) et à Sao Tomé & Principe, doit promouvoir une meilleure inclusion financière de la population de la région.
Soutenir les économies en transition
La dollarisation de l’économie est un défi important à relever pour le secteur financier en particulier, et pour l’économie en général. Les besoins de recapitalisation des établissements de crédit dus à la détérioration de la devise locale face au dollar, associés au retrait des banques correspondantes dans les pays en transition dû aux exigences réglementaires pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, minent la viabilité du système bancaire.
L’argent mobile est une alternative pour le développement du secteur financier, mais il nécessite une infrastructure adéquate pour fonctionner correctement. Les partenaires du développement doivent aider les États en transition à remédier aux vulnérabilités des économies en transition, en particulier là où les faiblesses structurelles et le déficit d’infrastructure persistent.
Élargir l’offre de produits et de services financiers
Le coût des produits et des services financiers demeure relativement élevé dans la région. En dépit de certaines mesures prises par les autorités (la fourniture gratuite de certains services financiers de base, le calcul et la publication des Taux Effectifs Globaux [TEG] et des taux d’usure), la réduction souhaitée des prix des produits et des services financiers n’est toujours pas effective.
Promouvoir l’éducation financière
Les États, avec l’appui incontestable d’autres acteurs (BEAC, Commission bancaire de l’Afrique centrale [COBAC] et institutions financières), doivent prendre des mesures énergiques pour améliorer le niveau d’éducation financière de la population et l’aider à faire des choix avisés en matière de services financiers.
Compte tenu du développement croissant de l’innovation financière, l’éducation financière est, plus que jamais, la condition préalable pour améliorer le financement de l’économie en élargissant la base des épargnants et en réduisant les risques de crédit induits.






























