Le Gabon vient d’ouvrir un nouveau front à Paris dans sa guerre judiciaire contre le groupe Sericom de feu Guido Santullo, indiquent nos confrères du média confidentiel parisien, La Lettre du Continent.
A en croire cette source, ce mardi 26 mars 2019, le litige opposant l’Etat gabonais au groupe Sericom du défunt Guido Santullo vient de prendre une nouvelle tournure. En effet, ce jour, le ministre gabonais de la Justice, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou (photo), s’est rendu au nouveau tribunal de Paris pour transmettre à la directrice du Parquet national financier (PNF), Eliane Houlette, une demande d’entraide judiciaire dans le bras de fer opposant Libreville aux différentes sociétés de l’homme d’affaires Guido Santullo, décédé en août 2018.
Plainte secrète
La démarche d’Edgard Anicet Mboumbou Miyakou fait suite à une première plainte déposée en toute discrétion, le 14 mai 2018, par l’Agence judiciaire de l’Etat du Gabon, épaulée pour l’occasion par l’avocat Patrick Klugman (cabinet GKA & associés). Ce dernier a accompagné le ministre dans les locaux du PNF.
« Selon nos sources, le Gabon accuse les entreprises de Guido Santullo de corruption active d’agent public, arguant que les marchés de BTP remportés dans le pays – onze au total, équivalents à 382 milliards F CFA (582 millions €) – l’ont été en échange de faveurs versées à des fonctionnaires gabonais (billets d’avion, séjour à l’étranger, construction de résidence, versement en liquide…). », argumente le média.
Le Gabon, qui a déjà attaqué Sericom en Suisse, ouvre un second front dans l’Hexagone : l’homme d’affaires disposait de la nationalité française, en plus de celle son pays d’origine, l’Italie. Plusieurs collaborateurs directs du groupe sont également français, notamment Jean-Pierre Louvet, Alain Eymery et Jacques-Henri Loizeau. En outre, une partie des bénéfices réalisés sur les marchés contestés ont transité par des banques françaises.
Montages
Dans sa plainte dont La Lettre du Continent a pris connaissance, Libreville accuse par ailleurs Sericom d’avoir utilisé un établissement de micro-crédit gabonais pour rapatrier ses fonds en France, où plusieurs de ses comptes sont domiciliés, notamment au Crédit du Nord, relève la source.
« Comme l’expose une enquête de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le dispositif aurait consisté à faire exécuter les ordres de virement au bénéfice de Sericom en Europe par Epargne et développement Gabon, établissement fondé par Jean-Claude Kenmeugni et qui disposait d’un compte à l’Union gabonaise de banques (UGB) », conclut la source.
La Rédaction avec La Lettre du Continent































