Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), avec respectivement 47 %, 21 % et 15 %), le Cameroun, le Gabon et le Congo dominent le système bancaire de l’Afrique centrale, pour un total de plus de 80 % du bilan agrégé de la zone.
Le total des bilans des 51 banques implantées dans la zone ne s’élève qu’à 20 milliards de USD, soit moins que les 19 banques que compte l’Éthiopie (23 Mds USD) et huit fois moins que les 21 banques du Nigéria (166 Mds USD). Ainsi le secteur bancaire de la CEMAC est réduit, mais aussi émietté.
Parmi ses 51 banques, 19 sont à capitaux provenant de la CEMAC et sur les neuf banques les plus importantes de la CEMAC, c’est-à-dire classées comme systémiques par la COBAC, quatre sont des banques à capitaux majoritairement locaux (Afriland First Bank Cameroun, BGFI Bank Group, CCEI Bank Guinée équatoriale et Commercial Bank Tchad).
Trois sont des filiales de groupes panafricains (Société Commerciale de Banque Cameroun et BICEC à capitaux majoritairement marocains et Ecobank Transnational dont le siège est au Togo), et deux sont des filiales de banques étrangères non africaines : (Société générale Cameroun et Standard Chartered).
Ces banques ont plutôt bien résisté à la crise des matières premières de 2014 avec une activité qui s’est maintenue comme l’atteste des crédits et un produit net bancaire qui ont progressé sur la période 2014-2018 en moyenne annuelle de respectivement 4,5 % et 3,5 % par an. Quant aux résultats bruts, ils ont atteint leur plus bas niveau en 2016 mais ont retrouvé pour l’année 2018 leur niveau de 2012. Ils restent cependant très disparates d’une banque à l’autre.
Le rendement moyen des actifs en 2018 au sein de la CEMAC est proche de 1,1 %. Ce rendement des banques de la CEMAC demeure de loin supérieur à celui des banques de la zone euro (0,4 %). La crise a néanmoins entraîné une augmentation significative des créances en souffrance.
Ces créances en souffrance sont pour partie la conséquence directe des retards de paiement des États envers les banques mais aussi envers les entreprises privées qui peinent en conséquence à assumer leur propres échéances de recouvrement auprès des banques.
Ainsi, le taux de créances en souffrance sur l’ensemble des crédits a fortement progressé à partir de 2014 pour atteindre 21,3 % en décembre 2018. Le provisionnement associé à ces créances en souffrance a altéré les fonds propres des banques. A ce provisionnement, s’ajoute un nouveau règlement (COBAC R-2016/13), inspiré de la réforme de Bâle 3, qui renforce le niveau d’exigence quant à l’éligibilité des actifs composant les fonds propres de base.
Ce nouveau règlement, mis en application en 2018, place les banques du Cameroun et de Guinée équatoriale à la limite des ratios de solvabilité autorisés par la BEAC et ne permet ainsi plus aux banques concernées de prêter davantage sans renforcement complémentaire de leurs fonds propres. La dynamique du crédit pourrait donc ralentir en conséquence de la progression de ces créances en souffrance.





























