La thématique sur laquelle sera axée les contributions porte sur le « Cycle conjoncturel et cycle financier dans une union monétaire : quels enseignements pour la CEMAC »
Selon la BEAC, la création de la monnaie unique européenne et la crise financière de 2007/2008 ont suscité un engouement pour la théorie des cycles. En particulier, la crise a révélé, d’une part, l’influence des fluctuations des prix d’actifs sur le cycle conjoncturel, du fait de l’existence de divers liens macrofinanciers.
D’autre part, relancé la controverse autour de la question du degré d’interconnexion entre activité réelle et cycle financier dans une union monétaire. Cela, en empruntant deux directions majeures : les facteurs d’aggravation et les caractéristiques du cycle financier.
Parmi les sources d’aggravation du cycle financier sur le secteur réel figurent les imperfections du marché financier qui se manifestent par le poids de l’endettement et l’impact du service de la dette sur la croissance des dépenses du secteur privé.
En période de relâchement des conditions financières, la valorisation des actifs accroît la valeur des sûretés facilitant ainsi les emprunts profitables aux investissements. Parallèlement, la croissance de la dette augmenterait plus que proportionnellement le service de la dette, dans une situation de contraction des contraintes financières, ce qui limite la demande produisant ainsi un effet dépressif sur la croissance.
La caractérisation des cycles financiers, en revanche, se retrouve au centre du débat sur la durée, l’amplitude, la dissymétrie, la propagation et les phases des cycles. Néanmoins, l’apparition des ensembles régionaux a contribué au recentrage de ce débat sur le degré de synchronisation ou de co-mouvement des chocs conjoncturels et financiers.
Ainsi, certaines thèses soutiennent que la synchronisation des cycles est un critère endogène d’optimalité d’une zone monétaire, parce qu’elle contribue à réduire la dissymétrie des chocs, tandis que d’autres trouvent en elle la conséquence d’une union économique et monétaire du fait de la spécialisation des pays membres.
Sous l’angle de la stabilité financière, l’interdépendance entre cycle réel et cycle financier est appréhendée via la dimension temporelle du risque systémique. Celle-ci analyse généralement l’évolution du crédit rapporté au PIB par rapport à sa tendance de long terme en liaison avec la modification des conditions financières, ainsi que l’activation des amortisseurs susceptibles d’absorber les pertes en cas de chocs défavorables.
Cette thématique présente un double intérêt pour la CEMAC. Premièrement, avant de mettre en place des mécanismes de réduction du risque systémique, la politique macro-prudentielle conduite à l’échelle sous-régionale devrait préalablement tenir compte des perturbations engendrées par les sphères réelle et financière.
Deuxièmement, elle s’inscrit en droite ligne des instruments d’analyse macro-prudentielle en cours de développement dans la sous-région. La thématique pourra être abordée suivant quatre axes : le premier concerne la synchronisation des cycles conjoncturel et financier, le deuxième, caractérisation des cycles financiers dans la CEMAC.
Quant au troisième, il est relatif aux conditions financières et dynamique de la dette dans la CEMAC. tandis que le quatrième axe de cet étude concernera les indicateurs de formation et de matérialisation du risque systémique.
Les articles soumis pour publication devront être des originaux rédigés en français et abordant des thématiques innovantes en liaison avec la thématique retenue.
Hormis cette exigence d’ordre général, les études ne devront, sous aucun prétexte, avoir fait l’objet de publication antérieure. De même, les auteurs sont conviés à ne soumettre qu’un texte à la fois. Par ailleurs, ils ne peuvent les proposer à d’autres revues ou éditeurs avant.
L’appel à manifestation d’intérêt est ouvert aux personnes remplissant les conditions de soumission évoquées supra. Seront accueillis avec beaucoup d’intérêt des études provenant des experts des institutions de régulation, normalisation et supervision du secteur financier de la CEMAC. Il s’agit notamment de : la CIMAC, la CIPRES, la COBAC, la COSUMAF, le GABAC, le GIMAC et la BEAC.
Les milieux académiques sont également concernés. Notamment ceux présentées par des enseignants chercheurs ou doctorants abordant dans leurs travaux des problématiques se rapportant à la thématique retenue et manifestant un intérêt particulier pour l’amélioration du cadre de suivi de la stabilité financière dans la sous-région, des praticiens du secteur financier et des administrations publiques.
Rentreront dans cette dernière catégorie, les propositions d’articles des agents des ministères en charge de l’Economie et des Finances et ceux des institutions financières (FMI, Banque mondiale, banques commerciales, sociétés d’assurance, BVMAC, etc.), exerçant leur activité dans la Zone CEMAC.
Alexandre Le-grand






























