Après leurs homologues d’Afrique de l’Ouest, les ministres de l’Economie et ces Finances d’Afrique centrale – gouverneurs de la BAD – ont récemment participé à une réunion consultative au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan en Côte d’Ivoire.
A la faveur de ce rendez-vous, ils ont eu des échanges fructueux avec les principaux responsables de l’institution financière. Ils ont également passé en revue, des projets nationaux et régionaux et posé les bases d’un développement accru de leur région, avec les dirigeants de la Banque.
Pour le vice-président et économiste en chef de la Banque, Célestin Monga, occasion a été donnée de présenter un tableau économique du continent. Plus précisément de l’Afrique centrale, soulignant les principaux défis à relever pour améliorer la croissance inclusive.
Il a ainsi évoqué la paix et la sécurité, la gestion et la stabilité macroéconomique, ainsi que la poursuite et le renforcement des infrastructures de base et intégration régionale. Avant de souligner la nécessité pour les Etats de la région, de diversifier leurs économies à travers l’agro-industrie, la pêche et l’élevage.
Intervenant à son tour, le ministre gabonais délégué à l’Economie, Hilaire Machima a également abondé dans ce sens en précisant que « cette politique porte déjà ses fruits depuis que le gouvernement de mon pays s’emploie, depuis quelques années, à transformer le bois sur place. Quelque 80 entreprises de transformation de bois existent au Gabon ».
Quant au Directeur général de la Banque pour l’Afrique centrale, Ousmane Doré, il a souligné l’impact notable des projets financés par la Banque sur les populations. « Les engagements de la Banque dans la région ont atteint 13 milliards de dollars en 2018, pour un total de 531 opérations », a-t-il indiqué, ajoutant que 2019 serait une année de coopération approfondie avec la région.
- Doré a notamment cité plusieurs projets transformateurs financés par la Banque. Grâce au Fonds africain de développement, quatre des sept pays de la région ont été interconnectés, en moins de dix ans, par des axes routiers. Il s’agit du Cameroun, de la République centrafricaine (RCA), du Congo Brazzaville et du Tchad.
Ces corridors, selon lui, ont divisé par cinq les coûts de transport entre zones de production et zones de consommation. Autre exemple, le programme de facilitation des transports entre Douala, Bangui et Ndjamena a développé les échanges dans la zone ainsi que le commerce à l’extérieur de la zone CEMAC, améliorant l’efficacité de la chaîne logistique de transport.
Dans le domaine énergétique, deux projets ont vu le jour, l’un à Kribi, l’autre grâce à l’interconnexion des réseaux électriques entre la RCA et la République démocratique du Congo (RDC). Le projet de fibre optique “Backbone Afrique centrale” (Cameroun, Congo et RCA) a pour objectif d’améliorer la connectivité, le » e-banking » et le transfert d’information sur le climat des affaires et les marchés.
Il a également relevé que la Banque a également financé un projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Libreville, au Gabon. Et d’ajouter qu’en novembre dernier, lors du Forum pour l’investissement en Afrique à Johannesburg, la BAD, Africa50 et d’autres partenaires ont conclu un accord de financement d’un montant de 500 millions de dollars pour la construction du premier pont route-rail reliant les deux voisins congolais, République du Congo et RDC.
Afin de mettre en lumière l’importance d’une augmentation de capital pour la Banque, la vice-présidente chargée des Finances, Swazi Tshabalala, est revenue sur les orientations stratégiques de la première réunion des gouverneurs tenue l’an dernier à Rome. « Les priorités de la Banque, « High 5 », sont au cœur du programme de développement de l’Afrique », a-t-elle réaffirmé.
De concert, les gouverneurs ont apporté leur soutien à la Banque africaine de développement. « Nous avons une banque qui innove. Nous avons besoin de ressources significatives pour faire avancer l’Afrique et notre région », a ainsi déclaré le ministre camerounais des finances, Alamine Ousmane Mey.
Son homologue pour la Guinée équatoriale, Lucas Abaga Nchama, a, quant à lui, souligné les énormes besoins du continent en matière de développement, notant que « l’augmentation du capital (de la Banque, ndlr) est importante. Notre avenir réside dans l’intégration régionale ».
Selon le gouverneur de la Banque pour le Tchad, Issa Doubragne : « nous avons toutes les raisons d’espérer ». Ce à quoi le Président Adesina a répondu, en guise de conclusion : « nous continuerons à travailler avec ardeur pour l’Afrique que vous souhaitez ».
Alexandre Le-grand





























