Selon le communiqué publié à l’issue de la troisième session du Conseil de surveillance de la Cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), tenue le 3 octobre 2025, l’encours des titres publics en zone CEMAC a atteint 9 086,6 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 6 932,7 milliards un an plus tôt.
Cette progression de 31,1 % sur douze mois consacre un nouveau record pour le marché régional des valeurs du Trésor, devenu un pilier du financement des budgets nationaux dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine).
Quelques mois plus tôt, au 31 mars 2025, l’encours s’établissait déjà à 8 451,8 milliards de FCFA, d’après les données officielles publiées par la BEAC. Ce volume représentait une hausse mensuelle de 12,3 %, portée principalement par la forte présence du Gabon, dont les émissions ont progressé de 44,3 % en un mois. Le Congo demeurait néanmoins le principal émetteur de la zone, concentrant 29,9 % de l’encours global, devant le Gabon (29,7 %) et le Cameroun (20,8 %).
Un marché sous tension mais toujours attractif
Cette montée en puissance des émissions traduit à la fois le besoin croissant de financement public et la vitalité du marché monétaire régional. Le Conseil de surveillance de la CRCT note cependant un recul du taux moyen de couverture des émissions, passé de 71,8 % à 63,4 % entre juillet 2024 et juillet 2025, signe d’une prudence accrue des investisseurs face à la multiplication des appels de fonds.
Parallèlement, le coût moyen des émissions a augmenté, atteignant 6,92 % pour les bons du Trésor assimilables (BTA) et 9,48 % pour les obligations (OTA), contre respectivement 6,52 % et 9,06 % un an auparavant.
Malgré ce durcissement des conditions de financement, le marché secondaire a confirmé sa profondeur, avec 1 950 opérations d’achats-ventes pour un montant de 4 579 milliards de FCFA, contre 4 210 milliards un an plus tôt. Les transferts de titres sans contrepartie en espèces ont, eux, bondi à près de 9 772 milliards, un signe que le marché gagne en sophistication et en liquidité.
L’effet de la politique monétaire accommodante
Ce dynamisme s’inscrit dans un contexte macroéconomique contrasté. Selon les services de la BEAC, la croissance de la CEMAC devrait légèrement ralentir à 2,6 % en 2025, après 2,7 % en 2024, tandis que l’inflation reculerait à 2,6 %, contre 4,1 % l’an dernier. Sur le plan budgétaire, les États devraient enregistrer un déficit de 1,3 % du PIB, après -1,0 % en 2024.
La banque centrale régionale a, de son côté, adopté une politique monétaire plus souple afin d’accompagner les économies dans un contexte de financement serré. En mars 2025, elle a ramené son principal taux directeur de 5 % à 4,5 %, une mesure censée faciliter l’accès aux liquidités pour les États et les entreprises.



















