A l’occasion de la 16ème édition de la Journée de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), célébrée ce 16 mars 2025, le président en exercice, le Pr. Faustin Archange TOUADERA, a prononcé un discours en messages stratégiques et en engagements pour l’avenir de l’intégration régionale, axé autour de sept points saillants.
Une CEMAC ancrée dans son histoire et résolument tournée vers l’avenir
Sur ce premier segment, Pr. Faustin Archange TOUADERA a rappelé les 60 ans du processus d’intégration régionale (1964-2024) et les 30 ans d’existence de la CEMAC (1994-2024). « Ce double anniversaire, selon lui, souligne la continuité et la résilience des efforts d’intégration dans la sous-région », a-t-il déclaré.
Le défi de l’intégration face à la mondialisation
Face à un monde de plus en plus interdépendant, le président en exercice a insisté sur la nécessité pour les États membres de la CEMAC de renforcer leur union. L’isolationnisme n’est plus une option viable, et seule une coopération étroite permettra de garantir un avenir prospère.
Un bilan positif mais perfectible
En termes de bilan, le discours a mis en avant trois acquis majeurs de la CEMAC à savoir : le système institutionnel, l’union monétaire et l’union économique. « Ces avancées, portées par des institutions solides (Commission de la CEMAC, BEAC, BDEAC, Parlement communautaire, etc.), doivent cependant être mieux appropriées par les citoyens », a-t-il ajouté.
Une intégration encore trop peu ressentie par les citoyens
Sur le segment intégrateur, malgré quelques progrès, M. TOUADERA a pointé la faible connaissance des instruments d’intégration par la société civile, les étudiants et les acteurs étatiques. Une lacune qui limite l’adhésion populaire au projet communautaire.
Un thème central : la libre circulation pour dynamiser les échanges
Pour le président en exercice de la CEMAC, « la Journée de la CEMAC 2025 est placée sous le thème : « Promouvoir les libertés de circulation pour renforcer les échanges intracommunautaires en zone CEMAC ». L’objectif visé est de sensibiliser les populations sur l’importance de la libre circulation des personnes et des biens, considérée comme l’épine dorsale de l’intégration.
Pour une amélioration des échanges commerciaux intracommunautaires
C’est incontestablement l’un des talons d’Achille des pays de la CEMAC. En effet, les chiffres affichent une légère amélioration, mais restent insuffisants. En 2018, les échanges intracommunautaires représentaient seulement 2 % des flux commerciaux de la région. Ce taux est passé à 3,5 % en 2022 et à 3,9 % en 2023. Sur un total de plus de 33 milliards de FCFA d’échanges, le commerce intracommunautaire ne représente que 1,3 milliard de FCFA en 2023. Occasion idoine pour lui de souligner l’urgence de réformer les politiques pour atteindre un taux d’échanges intracommunautaires à deux chiffres.
Appel à l’engagement collectif
Face aux difficultés rencontrées par la Communauté économique régionale, M. TOUADERA a encouragé chaque citoyen à se considérer comme un acteur de l’intégration et à contribuer à la levée des obstacles freinant la CEMAC. Il a également rendu hommage aux chefs d’État de la région pour leurs efforts en faveur de l’intégration.
Un avenir prometteur pour la CEMAC
Malgré toutes ces pesanteurs, le président en exercice de la CEMAC a réaffirmé la nécessité d’un engagement renouvelé en faveur de l’intégration. « Si les acquis sont notables, des efforts supplémentaires sont essentiels pour renforcer la libre circulation et dynamiser les échanges intra-CEMAC. L’avenir de la CEMAC dépendra de la mobilisation de tous : institutions, États et citoyens », a-t-il conclu.



















