La reprise économique du Tchad après la pandémie s’est accélérée en 2023, avec une croissance atteignant 4,9%. L’activité non pétrolière a progressé de 4,5%, portée par une reprise de la production agricole et une augmentation substantielle des investissements publics.
Le PIB pétrolier a augmenté de 7,6% grâce à la remise en production de champs pétroliers auparavant fermés. Après avoir baissé en 2023 (à 4,2% contre 8,3% à fin 2022), l’inflation en glissement annuel a augmenté pour atteindre 8,7% à fin août 2024, en raison d’un réajustement des prix des carburants et d’un rebond des prix des denrées alimentaires. Le solde du compte courant extérieur est redevenu déficitaire, de 0,7% du PIB, en 2023, les cours du pétrole ayant baissé et l’augmentation des investissements publics ayant stimulé les importations.
Après avoir sensiblement augmenté en 2023 (à 11,9% du PIB hors pétrole), le déficit primaire hors pétrole s’est modéré à 4,2% du PIB hors pétrole au cours des sept premiers mois de 2024, reflétant une réduction du recours aux procédures de dépenses d’urgence, la maitrise des dépenses budgétaires et des contraintes de financement.
La dette publique totale a diminué pour atteindre 34,2% du PIB en 2023, la persistance de prix du pétrole élevés ayant stimulé les recettes publiques. L’orientation procyclique de la politique budgétaire en 2023 et au cours des premiers mois de 2024 a conduit à un épuisement des réserves de liquidités, les dépôts du gouvernement passant de 3,4% du PIB à fin 2022 à 1,1% fin à juillet 2024.
La croissance économique devrait baisser à 3,1% en 2024 en raison de l’impact des récentes inondations et d’une légère baisse de la production pétrolière, mais elle rebondirait à moyen terme grâce à des investissements publics soutenus et aux réformes structurelles. L’inflation devrait rester temporairement élevée en 2024 avant de converger progressivement vers l’objectif de 3% fixé par la BEAC à moyen terme, à mesure que les prix des denrées alimentaires et du carburant se modèreront.
De nouveaux efforts d’assainissement budgétaire axés sur la mobilisation des recettes non pétrolières et la rationalisation des dépenses non prioritaires devraient contribuer à une réduction du déficit primaire hors pétrole à 8% du PIB hors pétrole en 2024, 7,2% en 2025, et 5% à moyen terme. La dette publique devrait se stabiliser autour de 32% du PIB, tandis que la dette nette devrait progressivement diminuer pour atteindre 27½ pour cent du PIB d’ici 2029, du fait d’une constitution graduelle de réserves budgétaires représentant 5% du PIB.
Les risques pesant sur les perspectives économiques sont importants et orientés à la baisse. Ils incluent d’éventuels retards dans la mise en œuvre des mesures de consolidation budgétaire, une baisse plus importante que prévu des prix du pétrole, un afflux accru de réfugiés soudanais, ainsi qu’une nouvelle augmentation de la fréquence et de la gravité des événements liés au changement climatique.



















