L’intérêt que suscite le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Kinguele Aval, n’est plus à démontrer. Toutes les parties prenantes de ce chantier sont unanimes et soulignent qu’il revêt un enjeu majeur pour l’économie gabonaise.
En effet, pour la construction de ladite centrale hydroélectrique, l’Etat gabonais vient de bénéficier d’un montage financier unissant la Société financière internationale (SFI), Meridiam Infrastructure Africa Fund FIPS (MIAF), Meridiam Infrastructure Africa Parallel Fund FIPS (MIAPF) et le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), avec le soutien du gouvernement du Canada.
Selon les experts, la centrale hydroélectrique de 35 MW, parrainée par Meridiam et FGIS, apportera une capacité de production d’électricité propre et à faible coût à Libreville. De son côté, la Société financière internationale s’attend à ce que le projet génère 203 GWh d’électricité, soit environ 13 % de la production totale actuelle de la province de l’Estuaire (ou 9 % de la production totale du pays), suffisamment pour servir 32 000 clients et économiser plus de 90 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
Pour Sylvain Kakou, directeur national de la Société financière internationale pour l’Afrique centrale ce projet revêt une importance majeure. « La centrale hydroélectrique de Kinguele Aval est un projet phare pour le Gabon qui a bénéficié d’une gamme de services et d’instruments complémentaires du Groupe de la Banque mondiale », déclare-t-il.
Avant de préciser : « En ajoutant une offre d’électricité répondant à la demande croissante du Gabon, la centrale hydroélectrique de Kinguele Aval augmentera la productivité économique du Gabon et créera des centaines d’emplois pour stimuler une croissance verte, inclusive et résiliente ».
Le Gabon a longtemps souffert du sous-investissement dans le secteur de l’électricité, notamment dans la production. La centrale hydroélectrique de Kinguele Aval témoigne des efforts du pays en matière de transition énergétique, en remplaçant l’énergie thermique coûteuse et polluante, et en démontrant un moyen commercialement viable et durable de développer le potentiel hydroélectrique sous-exploité du pays.
Le coût total du projet est estimé à 116 milliards de FCFA (178 millions d’euros). Pour soutenir le projet, la SFI prête jusqu’à 21 milliards de FCFA (33 millions d’euros) sur son propre compte, et accorde un prêt privilégié de premier rang à des conditions préférentielles d’un maximum de 14 milliards de FCFA (25 millions de dollars) (ou jusqu’à 20 millions d’euros), dans le cadre du programme Canada-SFI sur les énergies renouvelables pour l’Afrique.
La Société financière internationale a également mobilisé un financement supplémentaire de 98 millions d’euros par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement (BAD), du Fonds pour les infrastructures en Afrique émergente (EAIF) et de la Banque de développement d’Afrique australe (DBSA).
En outre, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) devrait fournir des garanties en faveur de Meridiam. Tandis que la SFI fournira également les swaps de taux d’intérêt et de devises nécessaires au financement. En outre, la SFI travaillera intensivement avec toutes les parties prenantes et soutiendra la mise en œuvre du projet conformément à ses normes environnementales et sociales.
Cela comprend un accord multipartite impliquant le gouvernement du Gabon, The Nature Conservancy (TNC) et IFC pour la consolidation d’une stratégie de gestion pour guider tout développement futur de l’hydroélectricité dans le système fluvial Mbé-Komo d’une manière qui préserve les services écosystémiques et biodiversité.
La participation de la Société financière internationale à la centrale hydroélectrique de Kinguele Aval est bien alignée sur le nouveau Plan d’action sur le changement climatique (CCAP) du Groupe de la Banque mondiale. Lequel vise à mobiliser des solutions du secteur privé pour aider les pays émergents et en développement à favoriser les investissements dans les énergies propres et à générer des revenus non pétroliers pour contribuer à diversification économique.
La construction de la centrale hydroélectrique de Kinguele Aval devrait démarrer au troisième trimestre 2021 et s’achever dans 40 mois.



















