L’on pensait, avec les départs éhontés des récents édiles de la commune de Libreville, (Léandre Nzue et Eugène Mba), débarrassé l’hôtel de ville de l’esprit de prévarications des deniers publics qui la hante. C’était évidement s’être allé très vite en besogne.
En effet, le 06 novembre dernier, les conseillers municipaux de l’opposition, ont à travers leur déclaration, indiqué avoir introduit depuis le 20 août 2021, une requête auprès de la cour des comptes. Cela, en vue d’un audit à propos de la gestion financière des exercices 2018-2019 de la mairie de Libreville.
Evidement, selon la presse locale, cette saisine est motivée par la contradiction constatée dans les chiffres fournis par les maires Léandre Nzue, aujourd’hui incarcéré, William Akassaga et Christine Mba Ndutume, actuellement aux affaires.
Certains conseillers municipaux de l’opposition, dont Odette Jeanine, Taty, Emmanuel Ntoutoume Ndong et Faustin Bilie-By-Essone dénoncent une certaine manipulation des chiffres par les autorités.
A en croire leurs arguments, « peu avant son incarcération, Léandre Nzue avait programmé le Conseil municipal relatif à la gestion des exercices 2018-2019. Les documents fournis aux conseillers municipaux pour cette activité font état que la subvention de fonctionnement liée à la collecte des ordures ménagères, à l’entretien des véhicules et au matériel spécifique, prévue à 2 958 150 824 francs CFA, bien qu’instruite dans les ressources du plafond budgétaire, n’a pas été reversée à la commune de Libreville en 2018. Et qu’aucun titre de régularisation n’a été émis sur ce chapitre.»
Contre toute attente, dans le document distribué aux conseillers municipaux lors de la session du 09 octobre 2020, organisée par le premier maire adjoint William Akassaga, assurant l’intérim, laisse transparaitre que cette subvention a fait l’objet d’une inscription dans la loi des finances 2018 de l’Etat. Il s’agit par conséquent de la comptabiliser comme titre de recettes émis, relèvent la partie plaignante. Qui ne manque par ailleurs pas de rappeler qu’en 2018, la mairie de Libreville était gérée par l’actuel Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.
Ainsi, entre Léandre Zue pour lequel, le résultat de l’exercice annuel est négatif et William Akassaga qui rend positif le même exercice, qui dit vrai ? Se sont interrogés les conseillers de l’union nationale et du RPM.
Ce n’est pas tout. Pour ce qui est de l’exercice 2019, dont la gestion incombait à Léandre Nzue, les comptes examinés lors de la session ordinaire du 11 août 2021, convoquée par Christine Mba Ndutume, présente les mêmes contradictions par rapport aux chiffres fournis par le maire en prison.
Dans les documents fournis aux conseillers par celui-ci, il ressort un résultat positif de 2 232 114 877 francs CFA. Pour le même exercice, ceux élaborés et adoptés par le conseil municipal du 11 août 2021, présentent un résultat négatif de moins de 140 593 495 francs CFA.
Les documents contradictoires pourtant élaborés par le même directeur financier de l’hôtel de ville, en l’occurrence Giselle Yolande Mombo. En saisissant la cour des comptes, l’intention des conseillers municipaux de l’opposition, n’est nullement de régler les comptes à qui que ce soit, mais simplement de montrer à l’opinion combien est chaotique la gestion des ressources à la mairie de Libreville, rapporte la presse locale.



















