C’est la sortie médiatique du président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), Germain Nguema Ella, le 1er octobre dernier, qui a permis de découvrir le pot aux roses.
En effet, l’univers des magistrats n’est pas aussi rose que l’on pourrait l’imaginer. Il est pavé de plusieurs maux qui insidieusement impacte les décisions rendues par la justice, en République gabonaise.
Pour un fonctionnement optimal du corps judicaire, les magistrats préconisent la mise en œuvre d’un certain nombre de texte. Ils revendiquent entre autres, la revalorisation de la pension retraite, la mise en place de la prime de judicature, la revalorisation de la prime de logement, la dotation en moyens roulants, la révision du statut des magistrats, la restauration des bâtiments des juridictions de l’intérieur du pays et enfin, la reprise de l’achat des costumes d’audience.
Revalorisation de la pension retraite
La vie du magistrat après l’exercice de ses fonctions se révèle un calvaire dans la plupart des cas. Si pour le Synamag, il est établit que les pouvoirs, exécutif et législatif ont taillé leurs textes afin d’obtenir des retraites dorées, « il importe de relever, sans faire aucune comparaison, qu’un magistrat ne peut vivre longtemps avec le tiers de sa solde après sa retraite. Il serait donc bon de s’asseoir et réfléchir aux modalités de sa revalorisation ».
Prime de judicature
Selon le Synamag, contrairement aux autres pays de la sous-région et même ceux de l’Afrique de l’Ouest qui accordent cette prime à leurs magistrats, le Gabon fait partie des pays qui n’accordent pas à ces magistrats, cette indemnité qui consacre la fonction du juge, à l’instar du corps des comptables publics qui bénéficient des primes inhérentes à leurs fonctions. « Le corps judiciaire représente le 3ème pouvoir, ne devrait-il pas bénéficier également de ses attributs ? », s’interroge le Synamag.
Revalorisation de la prime de logement
Selon Germain Nguema Ella, « Celle-ci n’a pas évolué depuis plus de 30 ans, obligeant ainsi les magistrats à vivre dans les quartiers sous intégrés et exposés de ce fait au grand banditisme et la vindicte populaire ».
Dotation en moyens roulants
La dernière dotation si on peut l’appeler ainsi, remonte à 2011 grâce au ministre Ida Reteno Assonouet, un don du chef de l’Etat. Alors, «Comment peut-on accepter dans un pays comme le nôtre de voir des chefs de juridiction à pieds ? Du premier président de la Cour de Cassation au président du Tribunal, pendant que des véhicules flambants neufs des administrations financières et autres sont visibles ostentatoirement dans notre pays », s’interroge le président du Synamag.
Et d’ajouter, « Les deniers publics sont-ils devenus l’apanage des seules administrations financières ? Quelle est la place et le respect que l’on accorde à notre justice dans ce pays ? Quand aucun magistrats du Gabon ne bénéficie de cet attribut élémentaire du pouvoir et renvoie ces derniers à se ‘’débrouiller’’».
Révision du statut des magistrats
Cette révision doit permettre d’arrimer notre statut des Magistrats du Gabon aux standards internationaux. D’autant que notre syndicat se trouve à l’antichambre de son adhésion définitive à l’Union international des magistrats, organisme technique des Nations Unies.
Restauration des bâtiments des juridictions de l’intérieur du pays
Sur ce volet, le Synamag fait allusion à l’achèvement de l’annexe du tribunal de première instance de Libreville, sans compter le tribunal de Ntoum. Dans le même ordre d’idée, il s’interroge sur la finalisation du projet de construction du siège de la cour de Cassation du Gabon.
Reprise de l’achat des costumes d’audience
Depuis le début de cette année judiciaire, le Synamag dit être confronté à ce sempiternel problème de costumes d’audience pour les magistrats nouvellement promus dans les cours d’appel et ceux élevés au rang de président de chambre dans lesdites juridictions. Conséquences, indique-ton, ils seront encore obligés d’emprunter les toges auprès d’autres collègues.
Selon le Synamag, la résolution de tous ces problèmes devrait, sans doute permettre de restaurer le blason de l’autorité judicaire et d’assoir une Justice crédible et équitable. Car « le peuple gabonais a besoin de certitudes lorsqu’il saisit la justice de son pays. Il a besoin d’être rassuré quant à la qualité et la crédibilité des décisions prises par sa justice. Les décisions « grises » qui sont rendues par notre justice ces derniers temps sont aux antipodes d’une justice indépendante, elles créent une jurisprudence négative et ternissent l’image de notre pays », a laissé entendre le président du Synamag .



















