Le Gabon prépare l’assaut sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). L’opération n’est pas nouvelle. Chaque début d’année, le pays fait régulièrement la promotion de ces valeurs du Trésor à travers la sous-région. Pour l’exercice 2024, les autorités gabonaises n’entendent pas déroger à cette opération de charme. Surtout en cette période de transition, en vue de financer les projets de développement inscrits dans la prochaine Loi de finances. C’est donc dire que le défi s’avère de taille.
De manière technique, cette opération s’inscrit dans la cadre du processus d’élargissement de la base des investisseurs. Elle vise à garantir le succès des émissions des titres publics, tout au long de l’année en cours. Il s’agit de susciter l’engouement des Spécialistes en valeurs du trésor (SVT) et autres investisseurs.
Pour l’exercice en cours, la stratégie d’émission s’est articulée autour d’un montant global de de 794,5 milliards de FCFA. Cette enveloppe prévisionnelle était répartie à hauteur de 444,5 milliards de francs de CFA en Bons du trésor assimilables (BTA) et 350 milliards de FCFA en Obligations du trésor assimilables (OTA).
Pour le prochain exercice, même si les montants visés ne sont pas encore rendus officiels, le ministre de l’Economie et des Participations, Mays Mouissi a posé les jalons de cette opération, le 06 novembre dernier. La situation est d’autant plus exceptionnelle qu’elle intervient dans un contexte particulier de transition. Dans cette optique, Mays Mouissi a reçu les responsables et les représentants des Banques locales agréées comme Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) dans certains pays de la zone CEMAC.
A l’occasion, il a exhorté « les partenaires financiers locaux et les services de la Direction générale de la dette à mettre en place, des stratégies d’endettement et un cadre d’échange qui permettent de travailler ensemble pour la réussite de ces futures émissions ».
En retour, les responsables et représentants de banques ont affirmé leur volonté de soutenir l’Etat. Non sans relever « certains paramètres comme la maturité et les ratios sont des préalables à prendre en compte pour prendre part à ces opérations ».
Il convient également de noter que le Gabon reste un émetteur de référence sur le marché régional des titres publics. A preuve, au 30 juin 2023, le pays avait un encours de 1 456,6 milliards de FCFA. Il était également le deuxième pays le plus actif, après le Cameroun, avec 24,7 % du volume global de prêts sur cette période sous revue, rienseigne la BEAC. Autrement dit, en 10 ans de présence sur ce marché, le pays n’a pas encore enregistré de défaut.
Pour la bonne gouverne, le marché des titres publics émis par adjudication a été lancé par la BEAC en novembre 2011. Le Gabon y a fait son entrée le 8 mai 2013. Et comme tous les autres pays de la sous-région, il fait régulièrement recours à cette niche financière. Car, ce marché constitue un véritable cadre alternatif de financement, permettant aux Etats de mobiliser des ressources pour la couverture de leurs besoins financiers.



















