Le gouvernement gabonais va soumettre trois projets de loi au Parlement, en vue de renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes. Notamment dans la lutte contre les violences et les discriminations.
L’un des textes introduit le divorce par consentement mutuel. Et l’adultère, commis par l’homme ou la femme, pourra être un motif de séparation pour les deux époux, alors qu’il ne pouvait être invoqué que par l’homme devant le juge jusqu’à maintenant. Selon le PM, Rose Christiane Ossouka Raponda « Aujourd’hui également, une Gabonaise doit « obéissance » à son mari en vertu de la loi. Les modifications prévues y mettront un terme », assure-t-elle, dans un entretien avec l’AFP. Avant d’indiquer qu’il « était temps qu’on renforce cette protection des femmes en éliminant de manière progressive les discriminations et les violences » dont elles sont victimes ».
Les deux autres projets de loi visent à modifier le code pénal et le code civil, qui consacre encore aujourd’hui notamment la prééminence de l’homme dans le couple en faisant du mari l’unique chef de famille. « Aujourd’hui, le mari est le chef de famille, la femme doit obéissance au mari et c’est le mari qui a le choix de la résidence »de la famille, explique encore Mme Ossouka Raponda. « Grâce aux nouveaux projets de loi, la femme partagera avec l’homme le rôle de chef de famille », promet-elle.
En outre, « tout fait de violence domestique à l’égard d’un conjoint pourra également entraîner le divorce. « Il s’agit pour nous de protéger la famille dans son entièreté », explique Rose Christiane Ossouka Raponda. Par ailleurs, le projet de modification du code pénal élargit quelque peu le droit à l’interruption volontaire de grossesse, qui reste toutefois fortement conditionné. « Ce n’est pas encore le bon moment » de le libéraliser, a tempéré Mme Ossouka Raponda. Pour une IVG, l’état de détresse de la femme n’aura plus besoin d’être « grave » et l’exigence de l’avis du médecin pour le constater sera supprimée.
Faut-il le rappeler, en matière de promotion des droits de la femme, le Gabon a quelques arguments à faire valoir. Dans un rapport publié récemment par la Banque mondiale « women, business and law 2021″, le pays se hisse à la 41e place sur 48 pays d’Afrique sub-saharienne en matière de promotion des droits de la femme.



















