L’univers carcéral au Gabon n’est pas des plus enviables. Une réalité qui ne manque pas de préoccuper au plus haut niveau. Le 03 dernier, l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Sao Tomé-et-Principe et CEEAC a présidé la cérémonie de lancement officiel du projet, « Dignité en Détention », une initiative ayant pour but, de contribuer à l’amélioration des conditions de détention et au respect des droits humains au sein des établissements pénitentiaires au Gabon.
Selon la diplomate européenne, elle constitue une réponse aux multiples défis auxquels fait face l’univers vers carcérale au Gabon. « Comme nous l’indiquent nos partenaires locaux, la situation carcérale au Gabon présente certains défis, dont un des principaux serait celui du recours excessif à la détention préventive qui entraîne une surpopulation carcérale, occasionnant des retards considérables dans le traitement des dossiers et des conditions de vie précaires pour les détenus », a-t-elle indiqué dans son mot de circonstanciel.
Un diagnostic alarmant renouvelé en 2024, par le Sous-comité pour la prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. A travers lequel, il avait exprimé sa préoccupation face à l’absence de progrès significatif dans les conditions de détention depuis sa précédente mission de 2013.
Pour rectifier le tir, les autorités gabonaises se sont penchées sur le dossier afin d’apporter des améliorations. Elles ont de ce fait engagé des actions en ce sens, à l’instar du deuxième rapport périodique soumis en 2024 par le Gabon en application de l’article 19 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « Dignité en Détention » lancé par l’Union européenne. Et qui se veut une contribution à travers des formations spécifiques adressées à la sécurité pénitentiaire et aux officiers de police judiciaire, à travers le développement d’un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, le renforcement des capacités de SOS Prisonniers Gabon, et l’amélioration des conditions de vie des personnes détenues dans les prisons de Libreville et des provinces, a indiqué Cécile Abadie
Les activités phares de ce projet s’articulent autour de l’accompagnement juridique des personnes détenues, ainsi que la mise en place d’une permanence téléphonique pour orienter les anciens détenus en réinsertion vers les services compétents, et pour assister les familles et les proches des personnes en détention.
Faut-il le rappeler, L’Union européenne est fermement engagée dans le respect des droits fondamentaux des détenus et le maintien de conditions de détention qui respectent la dignité humaine. Parmi les principes clés, l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon a particulièrement mix en exergue, la réhabilitation et réinsertion, afin que la détention soit aperçue comme un moment de reconstruction, ayant comme objectif final la réintégration des détenus dans la société après l’exécution de leur peine.
Selon Cécile Abadie, le projet « Dignité en Détention » n’a pas la prétention de résoudre les défis de la situation des centres de détention du Gabon, mais vise à apporter sa « brique » à l’édifice. Dans ce cadre, l’Union européenne se tient aux côtés des autorités gabonaises pour les accompagner dans leurs efforts d’amélioration des conditions de détention, et ce projet en est la représentation concrète, a-t-elle déclaré. Et de poursuivre, « Ces actions ne peuvent porter leurs fruits que grâce à un engagement collectif et durable ». Elle a enfin lancé un appel aux autorités gabonaises à poursuivre leurs efforts ; aux partenaires de mise en œuvre à n’épargner aucun effort pour atteindre les objectifs fixés par ce projet ; à la société civile et à l’ensemble des citoyens, à continuer à œuvrer ensemble pour un avenir plus juste et égalitaire.
Pour une réforme en profondeur de la politique pénitentiaire
Un récente visite du ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Séraphin Akure Davain, à la prison centrale de Libreville a permis d’avoir une idée réelle des conditions de détention de cet établissement carcéral. En effet, « Une grande partie des pensionnaires sont en détention préventive prolongée. On compte environ 3 500 détenus à Libreville, dont seulement 500 ont été jugés. Cela signifie que près des trois quarts attendent encore d’être fixés sur leur sort « , a déploré le garde des Sceaux. D’où la réaffirmation de l’engagement de l’État en faveur d’une réforme en profondeur de la politique pénitentiaire.



















