Soucieux de garnir davantage le panier de la ménagère, le gouvernement gabonais vient d’implémenter une nouvelle mercuriale dans le cadre de la lutte contre la vie chère. Son élaboration fait suite aux instructions du président de la Transition, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, au gouvernement via le ministère de l’Economie et des Participations ainsi qu’aux autres départements ministériels compétents d’élaborer, pendant la période de trois mois d’application desdites mesures, une mercuriale exhaustive d’une centaine de produits, le 11 mars 2024.
Comparativement à celle de juillet 2023-janvier 2024, la nouvelle mercuriale présente des produits en augmentation de 55 et a la particularité d’intégrer, non seulement les produits alimentaires du terroir (29), mais également, les matériaux de construction. De même, les prix de la nouvelle mercuriale sont plafonnés en grande partie, à un niveau inférieur comparativement à la version précédente et au marché, à l’exception des produits laitiers et le riz, dont les prix ressortent identiques ou à la hausse en rapport avec les tensions sur le marché international. Pour ces derniers produits cités, le passage du Taux global réduit (TGR) de 5% à l’exonération totale appliquée aux autres produits importés est inopérant, dès lors qu’ils étaient assujettis à ce régime d’exemption.
S’agissant des produits alimentaires importés, 50 au total, ils concernent les catégories suivantes : Viande (03) ; Volaille (06) ; Poisson (03) ; Conserves de poisson (06) ; Conserves de légumes (07) ; Pâtes alimentaires (04) ; Lait (15) et Riz (06). Ces produits sont en recul de 17 malgré l’introduction du Tilapia, du lait de marque Cowbell et le retour du riz parfumé de marque Eléphant dont le promoteur représente plus de 50% du marché.
Il convient de noter que cette nouvelle mercuriale est le résultat d’un long processus intégrant une approche méthodologique allant de la détermination d’une pré-liste de produits, la collecte des informations y relatives, la détermination des structures types de prix par produit, la simulation des effets de la défiscalisation et la réduction des marges, pour aboutir au cycle de négociations avec les opérateurs économiques.
Au niveau des prix, seuls ceux du riz et des produits laitiers connaissent une relative hausse par rapport à ceux pratiqués actuellement du fait des raisons sus-évoquées. Il est également à relever que les prix des produits fixés dans la mercuriale transitoire demeurent inchangés comme l’indique le tableau ci-dessous :
Produits alimentaires locaux
Les produits alimentaires locaux ont été réintégrés dans la mercuriale après leur retrait en 2013 et comprennent essentiellement : l’huile de palme raffinée (02), le sucre (04) et le poisson (23). Tandis que les prix de l’huile de palme raffinée Cuisin’or de la Mercuriale sont ceux fixés par l’Arrêté n° 12-24 /MEP du 11 mars 2024 portant suspension des droits et taxe sur certains biens et services soumis au plafonnement des prix pour une durée de trois) mois. Pour mémoire, ces prix ont été arrêtés en contrepartie de la réduction du prix du carburant (gasoil et kérosène) en référence à la jurisprudence SEEG en la matière.
Pour ce qui concerne le sucre, les prix proposés par la mercuriale sont ceux homologués par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Pour rappel, ces prix sont inchangés à l’unité par rapport à ceux pratiqués sur le marché malgré la reprise des activités de SUCAF par LES SUCRERIES du GABON et le passage dans un mois du contenu du carton de 25 à 20 paquets.
La typologie des poissons retenue ainsi que les propositions de prix y relatives reflète les conclusions d’une étude réalisée en 2020 par la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture, qui a permis de prendre l’Arrêté 086/MEF/MAEPA du 03 avril 2020 portant fixation du prix du poisson local issu de la pêche maritime artisanale à Libreville, Owendo et Akanda. Il est important de rappeler que les prix dudit arrêté n’ont jamais été appliqués par les opérateurs de la filière ce, malgré les avantages accordés par l’Etat, notamment dans le cadre de la subvention carburant pêche.
Matériaux de construction
Les principaux matériaux de construction de la Nouvelle Mercuriale comprennent : le ciment, le fer à béton, les produits des carrières (gravier et sable), les parpaings, les tôles bac et les produits dérivés du bois (planches, lattes, chevrons, fond de 15 et contreplaqués).
Si les prix des trois premiers cités ont été reconduits dans la Nouvelle Mercuriale aux niveaux fixés par l’Arrêté n° 12-24 /MEP du 11 mars 2024 portant suspension des droits et taxe sur certains biens et services soumis au plafonnement des prix pour une durée de trois (03) mois, le plafonnement des prix des produits dérivés du bois et des tôles bac a nécessité l’expertise de la Direction générale de l’industrie du bois et l’adhésion des opérateurs économiques, notamment GBNS (ex SNBG) et SOTRALGA. Quant aux prix fixés pour les différents calibres de parpaings, ils sont dérivés d’une structure des prix avec prise en compte de la révision à la baisse des prix du ciment et du sable, qui en sont les principaux intrants.
Pour l’efficacité de cette nouvelle mercuriale, la Commission interministérielle mise en place, pour son élaboration préconise quelques recommandations. Dans l’immédiat, elle propose une allocution d’un budget de fonctionnement ; la prise en compte, à partir de 2025, du fonctionnement dans la Loi de Finances de la plate-forme du dialogue Etat-opérateurs économiques et associations des consommateurs et de l’observatoire de la formation des prix et des marges ; la finalisation du projet de texte relatif au circuit de distribution des produits alimentaires en République gabonaise.
Elle préconise également de rendre fonctionnelle la Commission permanente des carburants pêche créée par l’Arrêté n°053.23/MER du 03 août 2023 ; la dotation de moyens financiers et matériels roulants ; l’optimisation de la maîtrise des produits de pêche par le renforcement du contrôle des autorisations, des volumes de capture, et des circuits de distribution.
A court et moyen terme, il s’agira d’améliorer et diversifier la production agricole et l’approvisionnement du marché en produits locaux ; d’accélérer l’adoption d’une loi portant organisation des circuits de collecte et de distribution des produits vivriers en République gabonaise ; d’’intégrer dans les mercuriales à venir les produits vivriers compte tenu de leur importance relative dans les dépenses des ménages. Il s’agira enfin, d’étendre le dispositif de lutte contre la vie chère à d’autres services, notamment, les télécommunications, l’accès à la propriété, le transport, la santé et l’éducation suivant les conclusions des Assises nationales de lutte contre la vie chère tenues en 2023.



















