Comme ailleurs dans le monde, les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ont été durement et durablement affectées par les effets de la pandémie.
Dans son rapport, la Direction générale du Trésor français révèle que le Fonds monétaire international (FMI) estime une récession à hauteur de -2,6% en 2020, alors que la croissance était attendue à près de 3,5% avant la crise.
Cette chute de l’activité est due à la fois, au recul de l’activité pétrolière (- 2,1%), lié à la baisse des prix des matières premières et dans une moindre mesure à une baisse de la production mais également de l’activité non pétrolière (2,8%) sous l’effet des restrictions de déplacement mises en place pour lutter contre la pandémie.
Ces performances nettement inférieures à celles attendues avant la crise (+4,1% pour l’activité pétrolière, et +3,3% pour l’activité non pétrolière), ont entrainé une dégradation de plusieurs grands agrégats de la zone.
En corollaire, les positions budgétaires de la zone se sont globalement dégradées, de même que les niveaux d’endettement, par ailleurs valorisés en points de PIB dont la valeur a mécaniquement diminué.
Les contraintes sur les recettes ont amené certains pays à faire face à des difficultés de soutenabilité de la dette. Les réserves de la zone, exprimées nettes des engagements extérieurs ont aussi baissé significativement.
Mais l’effet d’urgence du FMI qui ont bénéficié à quatre pays de la région, ainsi que de suspension du service de la dette (ISSD) mise en place par le Club de Paris et le G20, et l’application progressive de la réglementation des changes de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), ont cependant permis de maintenir les réserves de change à 3,5 mois d’implorations, un niveau relativement stable par rapport au niveau atteint fin 2019 (3,3 mois) qui reste cependant insuffisant par rapport à la recommandation du FMI (5 mois minimum).
La hausse des cours des matières premières entamée dès la fin de l’année 2020, et la levée de la majorité des mesures limitatives imposées par la pandémie, ne devrait permettre une reprise que modérée, puisque les services anticipent une croissance de 2,6 % en 2021 et 2022, contre 3,4 % puis 4 % pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.



















