Selon une récente étude de la Banque mondiale, la richesse nationale du Gabon a augmenté de 35 % entre 1995 et 2020, soit un taux moyen de 1,4 % par an, pour atteindre 105 milliards de dol- lars américains en 2020 (en dollars chaînés réels de 2019). Mais, dans le même temps, renseigne l’institution onusienne, le pays a connu une baisse significative de la richesse par habitant, de 34,7 % entre 1995 et 2020, soit un taux annuel moyen de -1,39 %. Ce qui, clairement indique des difficultés à convertir les riches ressources naturelles en actifs productifs et en capital humain.
Alors que le Gabon a connu une croissance démographique rapide, des infrastructures inadéquates, des défis en matière de gouvernance et une forte présence du secteur public dans l’économie ont entravé le développement du secteur privé et la création d’emplois, contribuant à une diminution de la richesse par habitant.
Les lacunes logistiques restent un obstacle majeur en raison de l’accès inadéquat et coûteux aux transports et à l’énergie. Les investissements publics sont restés volatiles, étroitement liés aux cycles pétroliers et entravés par des déficiences en matière de gestion et de planification, ce qui a contribué à une baisse du capital produit par habitant de 10 % entre 1995 et 2020.
En raison de la croissance démographique et de l’épuisement des ressources extractives, le capital naturel non renouvelable par habitant a diminué de 33 %, tandis que les actifs naturels renouvelables par habitant ont diminué de 51 %. Le capital humain par habitant a augmenté de 49 %, mais des indicateurs clés en matière d’éducation et de santé sont restés inférieurs à ceux des pays ayant des revenus similaires, en raison des dépenses sociales limitées et des défis en matière d’efficacité et d’allocation.
En clair, le Gabon n’ayant pas été en mesure de tirer pleinement parti de ses vastes ressources naturelles pour diversifier sa base de production, la croissance a été modeste et volatile, reflétant principalement les cycles pétroliers. En effet, les défis en matière de politiques restent nombreux. L’on évoque entre autres, la redistribution et l’utilisation efficace des recettes pétrolières, l’expansion et l’entretien des infrastructures et l’exploitation du potentiel touristique des forêts. Dans le même temps, les défis rencontrés en matière de gouvernance et de gestion des finances publiques se sont traduits par une efficacité limitée des investissements et par une infrastructure logistique inadéquate, ce qui aurait freiné la croissance, l’investissement et la création d’emplois.



















