Ce 11 décembre 2025, le Représentant spécial et Chef de l’UNOCA, Abdou Abarry, était face aux membres du Conseil de sécurité le 11 décembre 2025 (vidéoconférence), à l’occasion de la présentation du 29e rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation en Afrique centrale et sur les activités du bureau dont il a la charge.
A l’occasion, il a souligné que depuis son dernier briefing le 9 juin 2025, la sous-région a « enregistré certaines avancées, même si [elle] fait toujours face à des défis ». Il a précisé que « les processus électoraux restent porteurs de risques, de même que la guerre au Soudan et l’insécurité dans le Bassin du Lac Tchad qui entrainent d’importants déplacements de populations et menacent la stabilité des Etats de la région ».
L’Afrique centrale a besoin de l’attention continue du Conseil de sécurité
Dans ce contexte, le fonctionnaire onusien a indiqué que « l’Afrique centrale a besoin de l’attention continue du Conseil de sécurité », y compris au Tchad, qui vient de « lancer un ambitieux programme de développement national ». M. Abarry a encouragé « tous les Etats membres à soutenir cette initiative qui vise à sortir 2,5 millions de Tchadiens de la pauvreté d’ici 2030 ».
De plus, il a salué les réformes en cours sur le plan de la gouvernance, estimant qu’elles devraient « garantir l’état de droit et l’ouverture de l’espace politique, essentiels pour pérenniser la réconciliation nationale et consolider les acquis de la période de transition ». Dans le même registre, le chef de l’UNOCA a évoqué la situation au Gabon, exprimant le vœu que « la nouvelle page qui s’ouvre » après la transition permette de « jeter les bases d’un développement dans tous les secteurs sociaux » – avec l’appui de la communauté internationale.
Le Représentant spécial a également mis un accent sur les derniers développements socio-politiques au Cameroun. M. Abarry a fait observer que si la présidentielle du 12 octobre 2025 s’est déroulée « dans le calme, les tensions post-électorales, y inclus la mort en détention de M. Anicet Ekane, figure de proue de l’opposition, ont été un sujet de grande préoccupation ».
Il a rappelé la position du Secrétaire général de l’ONU à ce sujet, insistant sur la nécessité de respecter les procédures « afin de garantir aux personnes arrêtées leur droit à un procès juste et équitable ». « Regardant vers l’avenir et avec le retour progressif au calme dans le pays, nous sommes confiant que les autorités camerounaises prendront les mesures d’apaisement nécessaires pour renforcer la cohésion nationale et le bien vivre ensemble », a-t-il relevé. Il a ajouté qu’il reste disposé à y poursuivre ses bons offices pour « aider l’ensemble des acteurs à atteindre ce noble objectif ».
Impact négatif de la crise financière que traverse l’ONU…
M. Abarry a par ailleurs fait état du quadruple « scrutin historique combinant les élections législatives, régionales, municipales et présidentielle », qui aura lieu le 28 décembre 2025 en République centrafricaine (RCA). Il a notamment salué « le remarquable relèvement du pays qui jette les bases de la consolidation de la paix avec les acteurs à l’intérieur, et qui a engagé des actions de sécurisation de ses frontières notamment avec le Tchad et le Cameroun ».
Le Représentant spécial a également attiré l’attention sur la présidentielle prévue en 2026 dans deux pays couverts par l’UNOCA, notamment à Sao Tomé-et-Principe et au Congo. Il en a dévoilé les enjeux ainsi que les dispositions prises par le Bureau pour accompagner ces processus. Il a cependant alerté sur l’impact négatif de la situation financière difficile que traverse l’ONU sur les activités de l’UNOCA ainsi que sur son fonctionnement. « La réduction de 20% de son personnel de même que la limitation, voire l’impossibilité de nos déplacements dans les pays de la région, faute de moyens, entrave sérieusement notre capacité à mener à bien nos bons offices, dans une région qui en a pourtant grandement besoin », a –t-il averti.
« C’est notre espoir, que grâce à votre soutien qui ne nous a jamais fait défaut, le Bureau régional pour l’Afrique centrale, mis en place à la demande des Etats membres de la CEEAC, continuera la mise en œuvre de son important mandat, pour une Afrique centrale de paix, de stabilité et de prospérité », a-t-il conclu.
En retour, les membres du Conseil de sécurité ont félicité M. Abarry et son équipe pour leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique centrale. La session était dirigée par l’Ambassadrice Saša Jurečko, Représentante permanente adjointe de la Slovénie auprès de l’ONU, dont le pays assure la présidence du Conseil pour le mois de décembre 2025.




















