A en croire les indicateurs du Groupe de la Banque mondial, le Gabon n’est pas épargné par les effets du réchauffement climatique. Dans son Rapport national sur le climat et le développement publié ce mois, l’institution onusienne sonne l’alerte à travers un certain nombre d’indicateurs.
En premier lieu, elle évoque les températures moyennes à la surface de la Terre (englobant à la fois les terres et les océans) qui entretiennent des liens étroits avec les conditions climatiques générales ainsi que les phénomènes météorologiques, étaient d’environ 1,1 °C plus élevées entre 2011 et 2020 par rapport aux niveaux préindustriels (1850-1900).
En Afrique de l’Ouest et centrale, les températures moyennes annuelles et saisonnières ont augmenté de 1 °C à 3 °C depuis le milieu des années 1970. Ce réchauffement a provoqué des vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues, des modifications des régimes de précipitations, une élévation du niveau de la mer et une intensification des inondations au cours des dernières décennies.
Bien que les données historiques soient limitées en ce qui concerne le Gabon, selon les estimations, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 0,60 °C depuis 1960. Des hausses de température sont observées dans tout le pays, mais elles sont particulièrement marquées en hiver et durant les mois les plus secs. Le nombre de jours de chaleur extrême a également considérablement augmenté au cours de cette période. En effet, les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir.
Les vagues de chaleur survenues depuis début 2024 ont entraîné une hausse de la demande énergétique, tandis que la baisse du niveau des fleuves et des rivières a affecté la production hydroélectrique, provoquant de fréquentes coupures tout au long de l’année.
Les changements climatiques au Gabon et dans le monde devraient se poursuivre dans l’avenir, chaque palier de réchauffement entraînant des risques encore plus sévères à l’échelle mondiale
Les projections concernant le climat mondial dans l’avenir ont un degré élevé d’incertitude, en raison de la variabilité des réactions physiques de la Terre, de l’imprévisibilité des trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre et des divergences entre les projections des modèles climatiques pour les décennies à venir.
Ce Rapport national sur le climat et le développement (CCDR) du Gabon s’appuie sur les projections du Portail des connaissances sur le changement climatique de la Banque mondiale, basées sur 29 Modèles de circulation générale (MCG) obtenus à partir du Projet d’inter-comparaison de modèles couplés, avec une résolution spatiale de 1×1 degré.
Ces modèles prennent en compte jusqu’à cinq possibilités de trajectoires d’émissions à l’échelle mondiale, résultant de combinaisons de scénarios d’émissions des Trajectoires communes d’évolution socioéconomique et des profils représentatifs d’évolution de concentration. Le large éventail de modèles et de scénarios considérés permet de mieux tenir compte des incertitudes et d’offrir une solide gamme des différentes possibilités de futurs climatiques.



















