Conscient de l’enjeu que représentent les projets intégrateurs, l’équipe de la Commission de la CEMAC dirigée par le Gabonais, Daniel Ona Ondo a fait de ce chantier, l’un de ses principaux chevaux de bataille. Le sujet est d’autant plus préoccupant que la CEMAC détient la triste distinction de Communauté économique régionale la moins intégrée du continent.
Pour soigner le grand malade, Daniel Ona Ondo et son équipe ont prescrit un traitement de choc, assortit à la pathologie. Le 3 octobre 2019, lors de la deuxième session extraordinaire du Comité de pilotage du PREF CEMAC à Yaoundé, le président de la Commission CELMAC annonce, à la grande surprise de tous, que la CEMAC recherchait 2820 milliards FCFA pour la réalisation de 12 projets intégrateurs issus du PER CEMAC.
Tout le monde pense alors à une arlésienne dont l’institution est coutumière. Car, faut-il le rappeler, la CEMAC est championne des effets d’annonce. Et que par ailleurs, ses projets garnissent un portefeuille parfois fictif ou en hibernation dans les tiroirs.
Mais c’était sans compter avec son dynamisme et son carnet d’adresses. Pour Daniel Ona Ondo, il fallait à tout prix trouver la formule gagnante pour le financement desdits projets. Tache véritablement ardue. Surtout que les économies de la sous-région étaient toutes sous perfusion. Effondrées par la double crise sanitaire et économique sévère liée à la pandémie de la Covid-19, le tout couronné par une situation sociale tendue avec la perte de nombreux emplois.
C’est dans ce contexte économique plein d’incertitudes que le Pr. Daniel Ona Ondo, en sa qualité de porte-parole de l’institution communautaire organise la grand-messe des donateurs qui regroupe les bailleurs de fonds pour le financement des 11 projets intégrateurs prioritaires se tient ces 16 et 17 novembre 2020 à Paris en France.
Pour le président de la Commission de la Cemac, après le bouclage des financements pour huit de ces projets d’infrastructures, cette démarche était surtout l’occasion de gagner en visibilité à l’international, notamment auprès des bailleurs de fonds potentiels. L’objectif étant de voir émerger ces projets, le plus rapidement possible, et malgré le contexte économique difficile.
Surtout que le programme de réforme économique entre 2010 et 2015 n’a pas marché. La commission a donc décidé de changer la philosophie de ce programme et de se recentrer, via le Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac). La sélection ayant été faite en concertation avec les ministres des six pays.
Double victoire
Pour de nombreux observateurs, la mise sur orbite de ces projets intégrateurs constitue l’un des grands acquis du magistère du Pr Daniel Ona Ondo à la tête de la Commission de la CEMAC. Il s’agit selon ces derniers, d’une double victoire. La première consistait à les faire valider par les chefs d’Etat de la sous-région, pour qui, les valeurs communautaires ont le plus souvent été reléguées au second plan au détriment des valeurs nationales.
Mobilisation de 3,8 milliards d’euro : une réussite au-delà de toute espérance
L’autre victoire engrangée par le Pr Daniel Ona Ondo aura été l’organisation de la table ronde des donateurs du 16 au 17 novembre 2020 dans le cadre du financement des 11 projets intégrateurs prioritaires du Programme économique régional de la CEMAC.
De par sa posture de professeur agrégé d’économie, dans son rôle d’avocat, mais aussi et surtout de VRP de la Communauté, il a trouvé les mots justes pour intéresser les partenaires à ce vaste chantier. De 3.4 milliards d’euros recherchés, la Commission a réussi à mobiliser 3,8 milliards pour financer ce vaste programme qui s’articule autour de quatre axes.
Résultats des courses, à ce jour, plusieurs projets sont en cours d’exécution et d’autres en phase de démarrage. Il convient de noter que projets intégrateurs ont pour finalité, de fluidifier les échanges intracommunautaires par la facilitation.
Pour la bonne gouverne, les quatre axes du Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (PREF-Cemac) concernent : la facilitation du transport et des échanges. Il s’agit notamment de la construction d’un pont sur le fleuve Ntem et facilitation du transport, et de la sécurité routière sur la route transnationale Kribi-Campo-Bata reliant le Cameroun et la Guinée Équatoriale ; la construction de la voie express Lolabé-Campo (40 km) entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale ; la construction des tronçons manquants (179 km) de la route Ndendé-Dolisie du corridor Libreville-Brazzaville ; la construction de la route Kogo-Akurenam (230 km) pour relier le Sud-Est de la Guinée Equatoriale au Gabon et le corridor Brazzaville-Ouesso-Bangui-Ndjamena (Congo-Centrafrique-Tchad), ebn ce qui concerne le premier axe.
Le deuxième axe quant à lui concerne la production et l’interconnexion des réseaux électriques et de communications. Dans ce chapeau, figurent, l’aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques (Cameroun-Congo-Gabon-Centrafrique) ; l’interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad ; l’interconnexion du Cameroun avec les pays de la CEMAC par la fibre optique.
Le troisième axe concerne le marché commun et la diversification économique. Ce segment comprend la construction du port sec de Beloko (Corridor Douala-Bangui) et la construction du port sec de Dolisie (Corridor Gabon-Congo). Le dernier axe se refaire au capital humain avec la construction de l’Université inter-Etats Cameroun-Congo.
Pour la Commission CEMAC, ces projets sont en parfaite synergie avec les plans de développement nationaux des pays de la CEMAC. Cela, dans le but de relever efficacement les principaux défis du développement durable. Leur réalisation à l’horizon 2025 devrait accélérer durablement l’intégration physique et commerciale de la sous-région, fait-on également savoir. Selon les spécialistes des questions d’intégration, l’autre indéniable acquis du gouvernement de la commission sortante est d’avoir su réorienter cette institution communautaire à



















