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Accueil Coopération

Le flux énergétique de l’Afrique centrale est le plus faible de tout le continent (Etude)

C’est le rapport d’une mission préparatoire virtuelle effectuée en février et mars 2021, dans quatre des cinq pools énergétiques que compte le continent par la Banque africaine de développement (BAD).

SC par SC
octobre 29, 2021
dans Coopération, Développement, Développement Durable, Energie, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, La Une
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Comme dans la plupart des secteurs compétitifs à l’échelle continentale, l’Afrique centrale est une fois de plus, à la traine en ce qui concerne le pool énergétique. C’est ce qui ressort d’une mission préparatoire virtuelle effectuée en février et mars 2021, dans quatre des cinq pools énergétiques que compte le continent – Pool énergétique d’Afrique australe (SAPP), Pool énergétique d’Afrique de l’Ouest (PEAO), Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC) et Pool énergétique d’Afrique de l’Est (EAPP) – par la BAD,  afin de procéder à un état des lieux des capacités de préparation en amont de projets énergétiques régionaux.

Après évaluations, il ressort que le PEAC est de tous les pools énergétiques régionaux, le plus faible en matière de capacité de gestion et de gouvernance technique, ainsi que d’efficacité opérationnelle globale. En revanche, le SAPP, le PEAO et, dans une certaine mesure, l’EAPP sont relativement bien avancés en termes de gouvernance (managériale et technique) et d’efficacité opérationnelle.

Ainsi, afin de promouvoir le développement de projets d’infrastructures électriques régionales et, partant, de marchés de l’électricité compétitifs en Afrique centrale, le Secrétariat permanent du PEAC a sollicité le soutien de la Banque africaine de développement (BAD).

Dans ce cadre, la BAD s’est engagée à appuyer la mise en place de l’unité d’accélération des projets régionaux au Pool énergétique de l’Afrique centrale. Les principaux pays concernés par ce projet sont l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la RD Congo, le Rwanda, São Tomé e Príncipe et le Tchad).

Le projet vise à mettre en place une Unité d’accélération des projets au sein du PEAC, qui aura la charge de préparer et de superviser la mise en œuvre des projets énergétiques régionaux prioritaires dans la région de la CEEAC et de les rendre rapidement « bancables ».

Il cible directement le Pool énergétique de l’Afrique centrale, mais les avantages qui en découlent profiteront à toutes les compagnies d’électricité des États membres de la CEEAC ainsi qu’aux populations qu’elles desservent.

Le projet comporte quatre principales composantes. Il s’agit de la création d’une Unité d’accélération des projets régionaux (UAPR) sous les auspices du Secrétariat permanent du PEAC, dotée d’un personnel de haut niveau ayant au moins 15 ans d’expérience des domaines technique et financier, de la passation de marchés, des sauvegardes environnementales et sociales et du traitement des transactions juridiques, appelée à piloter la préparation de projets énergétiques régionaux prioritaires dans la région de la CEEAC.

A cela s’ajoutent la mise à disposition d’outils utiles pour la réalisation d’études de faisabilité technique, économique et financière, la documentation juridique et les services de conseil en matière de transactions financières et un budget de fonctionnement, couvrant les dépenses de mission de l’Unité durant les premières années, pour le travail de liaison de l’Unité avec les compagnies membres et les parties prenantes régionales sur les enjeux de planification et d’intégration régionales et la gestion du projet pendant la phase d’exécution.

Les produits attendus du projet seront une Unité d’accélération des projets régionaux entièrement financée, placée sous les auspices du Secrétariat permanent du Pool énergétique de l’Afrique centrale, coordonnant la préparation et la mise en œuvre de projets régionaux d’infrastructures électriques en temps opportun.

Quant au coût dudit projet, il est estimé à 3,3 millions d’USD. Il sera largement financé par les ressources de la BAD, à hauteur de 3 millions d’USD et par un apport en nature du Secrétariat du PEAC à hauteur de 0,3 million d’USD.

L’Unité en question sera opérationnelle dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du protocole de don et sera soutenue pendant les cinq premières années, jusqu’en décembre 2025.

À long terme, le projet contribuera à une meilleure interconnexion des réseaux électriques dans la région de la CEEAC en favorisant la bancabilité et la mise en œuvre de nombreux projets, ce qui contribuera à élargir le commerce de l’électricité qui, à son tour, accroîtra l’accessibilité et l’abordabilité des services d’électricité pour les populations d’Afrique centrale.

Évaluation des besoins

Une étude commandée par la Banque africaine de développement entre 2017 et 2019 a analysé les défis posés par le développement des infrastructures électriques régionales et a proposé des outils et des mécanismes propres à accélérer le développement des projets électriques régionaux.

Elle a fait ressortir la faiblesse des cadres institutionnels de préparation, d’exécution et de supervision des projets électriques régionaux et recommandé la création d’unités d’accélération des projets électriques régionaux au sein des pools énergétiques régionaux, appelées à préparer rapidement les projets régionaux à la « bancabilité ».

Zones cibles et bénéficiaires du projet

Le projet cible directement le Pool énergétique de l’Afrique centrale, mais les avantages qui en découlent profiteront à toutes les compagnies d’électricité des États membres de la CEEAC ainsi qu’aux populations qu’elles desservent. Une préparation efficace des projets énergétiques régionaux permettra d’attirer des financements pour ces projets et de les mettre en oeuvre rapidement. Sous l’effet conjugué du projet et des réformes réglementaires en cours, la région a de bonnes chances d’approfondir le commerce intrarégional de l’électricité pour améliorer l’accès à l’électricité et la rendre abordable, et de contribuer à améliorer la viabilité financière des sociétés d’électricité concernées.

Effets du projet

En dotant le PEAC des capacités utiles pour la préparation des projets à un stade précoce et la supervision de l’exécution des projets énergétiques régionaux prioritaires, le projet aura pour effet : l’augmentation du nombre de projets énergétiques régionaux bancables qui parviennent au bouclage financier et à l’exécution ; l’amélioration de l’interconnexion des systèmes électriques régionaux, qui contribuera à l’expansion du commerce de l’électricité dans la région ; l’intensification du commerce de l’électricité, qui se traduira par l’utilisation optimale des ressources énergétiques primaires et aidera les pays à réduire leurs besoins d’investissement pour le développement de nouvelles infrastructures de production.

On mentionne également l’essor du commerce régional de l’électricité, qui facilitera en définitive l’accès à une énergie abordable et renforcera la sécurité énergétique dans la région ; et enfin l’amélioration de la viabilité financière des sociétés d’électricité de la région.

 

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