Selon le Fonds monétaire international (FMI), la performance du Cameroun dans le cadre de son programme reste mitigée. C’est ce que renseigne le rapport de la réunion du Conseil d’administration statuant sur la situation du pays, le 09 mars 2023.
Pour la bonne gouverne, cette réunion a conclu les troisièmes revues des accords avec le Cameroun au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), qui avaient été approuvés le 29 juillet 2021. A l’issue de celle-ci, Mme Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe et présidente par intérim du FMI, a dressé une situation globalement rassurante de l’économie camerounaise, en dépit de quelques quelques incongruités.
De son avis, l’économie camerounaise s’est montrée résiliente face à la pandémie de COVID-19, et la reprise s’est poursuivie. Cependant, mentionne-t-elle, « le pays fait face à des défis accrus dans un environnement mondial incertain. Ce qui souligne l’importance d’une mise en œuvre résolue des réformes. Toutefois, les accords appuyés par le FMI permettent de maintenir la stabilité macroéconomique et la croissance dans un contexte difficile. Les réformes structurelles nécessitent une accélération. Notamment, dans le but de renforcer la viabilité extérieure et budgétaire à moyen terme et faire progresser le pays vers une croissance inclusive et résiliente grâce à une économie diversifiée. Les perspectives à moyen terme du pays restent favorables ».
Mme Sayeh souligne également que «La performance du pays dans le cadre du programme est mitigée. Deux des six critères de réalisation quantitatifs à fin décembre 2022 et trois des cinq objectifs indicatifs à fin juin et fin septembre 2022, n’ont pas été respectés. Bien que des mesures importantes aient été prises pour faire avancer les réformes structurelles longtemps retardées, les progrès sont lents dans certains domaines clés. Les autorités ont décidé de mettre en œuvre des mesures correctives pour remédier aux objectifs manqués et, de manière plus générale, accélérer les réformes ».
La détermination
Malgré tout, les autorités camerounaises affichent leur détermination à poursuivre l’assainissement budgétaire. Cela, afin de contribuer à la stabilité macroéconomique dans le cadre de ce programme. Tout en mettant en place les bases d’une croissance inclusive et résiliente.
Elles s’engagent également à réduire les subventions aux carburants, accompagnée de mesures visant à atténuer l’impact social. Elles s’engagent aussi à accentuer la mobilisation de recettes intérieures non pétrolières supplémentaires, l’amélioration de la gestion des finances publiques et la poursuite des efforts visant à réduire les subventions aux carburants afin d’accroître l’espace budgétaire pour l’investissement productif et les dépenses sociales.
Selon le FMI, les mesures d’atténuation pour protéger les personnes vulnérables seront essentielles. Il est également important de régler et de prévenir les arriérés extérieurs et intérieurs et de rechercher des financements concessionnels.
Le Fonds souligne également que la mise en œuvre effective et résolue des réformes structurelles contenues dans la Stratégie nationale de développement reste essentielle pour libérer l’abondant potentiel de croissance du pays. À cet égard, des mesures supplémentaires s’avèrent nécessaires pour améliorer l’efficacité des investissements, renforcer l’inclusion financière et améliorer le climat des affaires. Cela devrait s’accompagner d’un renforcement de la transparence, de la gouvernance et du cadre de lutte contre la corruption, ainsi que d’assurer la stabilité du secteur financier. »



















