Sur la base des informations recueillies auprès des milieux économiques, au terme du quatrième trimestre 2020, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a plongé la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), dans un marasme économique dès le deuxième trimestre 2020.
Au cours de ce deuxième trimestre 2020, l’Indicateur Composite des activités économiques (ICAE) s’est replié de 8,6 % et de 8,9 %, respectivement en glissement annuel et en glissement trimestriel.
Dès le troisième trimestre 2020, une reprise des activités a été amorcée dans la CEMAC (+4,3 % de l’ICAE-CEMAC en glissement trimestriel et -7,2 % en glissement annuel), eu égard à l’assouplissement des mesures de restriction socioéconomique face à la pandémie de Covid-19, ainsi que la timide relance de la demande mondiale.
Cette reprise atone s’est consolidée au quatrième trimestre 2020, comme l’illustre la bonne performance de l’ICAE-CEMAC (+5,5 % en glissement trimestriel à fin décembre 2020), en lien avec le regain de dynamisme dans les services, le commerce, le transport (aérien notamment) et l’hôtellerie-restauration ont contribué à infléchir la tendance baissière de l’activité observée au cours de l’année.
Sur l’ensemble de l’année, d’après les estimations faites par les services de la BEAC, la croissance économique de la CEMAC a été de -2,1 % en 2020, contre 2,1 % en 2019, sous l’effet d’un recul conjoint de l’activité tant dans le secteur pétrolier que non pétrolier.
La croissance du secteur pétrolier s’est ainsi établie à -4,2 % en 2020, contre 2,2 % en 2019, tandis que le secteur non pétrolier a reculé de 1,6 % en 2020, contre 2,0 % en 2019. Par pays, on observe une croissance négative en 2020 dans tous les pays de la sous-région à l’exception de la République centrafricaine.
Concernant le compte extérieur, l’évolution du solde du compte des transactions courantes des pays membres de la CEMAC s’est traduite en 2020, par un accroissement de son déficit, dons officiels inclus, qui est passé de 3,5 % du PIB en 2019 à 5,4 % du PIB un an plus tard.
Ce creusement découlerait principalement de l’effet conjugué de la faiblesse de la demande mondiale, de la faiblesse des cours du pétrole et des perturbations des chaînes d’approvisionnement des produits dans les pays fournisseurs de différents pays de la CEMAC, en raison de la crise de la Covid-19.
La situation des finances publiques dans la CEMAC s’est dégradée en 2020, sous les effets de la crise sanitaire qui ont impacté sensiblement l’activité, mettant à mal les trois années d’effort des pays de la CEMAC dans le cadre des programmes d’ajustement signés ou en cours de négociation avec le Fonds monétaire international (FMI).
Cette situation a par ailleurs été accentuée par la baisse des revenus tirés des hydrocarbures, suite au recul combiné des cours du pétrole brut sur les marchés mondiaux et de la production dans les pays producteurs. Ainsi, le déficit du solde budgétaire base engagement, dons compris, s’est creusé à -2,9 % du PIB en 2020, après -0,1 % du PIB en 2019, soit une variation de -2,8 points.



















