Une délégation de haut niveau du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) conduite par le directeur général de l’institution pour la région de l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, a séjourné à Libreville, au Gabon, du 8 au 15 mars 2026, afin d’approfondir le dialogue avec les autorités gabonaises et consolider le partenariat avec ce pays d’Afrique centrale.
La mission a été reçue en audience par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier. Elle s’est également entretenue avec le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault et le ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, par ailleurs gouverneur de la Banque africaine de développement pour le Gabon, au cours d’une audience conjointe. La délégation a aussi eu des échanges avec le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy et le ministre des Travaux publics, Edgard Mokoumbi.
Les échanges ont essentiellement porté sur le partenariat entre le Groupe de la Banque et la République gabonaise, notamment la mise en œuvre de projets d’infrastructures structurants, centraux dans la transformation économique du pays, ainsi que le secteur minier en plein essor, avec un rôle clé attendu dans la diversification économique du pays.
« Le Gabon et le Groupe de la Banque africaine de développement partagent une vision commune : celle d’un pays qui valorise ses ressources, investit dans son capital humain et construit des infrastructures au service des Gabonais. Cette mission témoigne de la solidité de notre partenariat et de notre volonté commune d’aller plus loin », a déclaré M. Immongault.
La coopération entre le Groupe de la Banque et le Gabon s’est considérablement renforcée au cours de la dernière décennie. Entre 2015 et 2025, l’institution panafricaine de financement du développement a approuvé vingt opérations d’une valeur totale de 914,99 millions d’euros pour le Gabon. Le portefeuille du Groupe de la Banque est passé de 11,64 millions d’euros en 2015 à 557,37 millions d’euros au 28 février 2026.
« Le Gabon a réalisé des progrès remarquables grâce à notre partenariat, et c’est précisément parce que nous croyons au potentiel de ce pays que nous nous engageons avec exigence dans le suivi de chaque projet. La qualité de l’exécution est pour nous aussi importante que l’ambition des investissements », a pour sa part déclaré M. Bassolé.
La route de Ndende-Doussala, au cœur des priorités
Dans le cadre la mission, M. Bassolé a effectué une visite du chantier de la route Ndendé-Doussala. Il était accompagné par une délégation du ministère des Travaux publics et de la Construction conduite par son directeur de cabinet Yvon Fabrice Mombo. Le constat est préoccupant : lancés en 2024, les travaux n’atteignent que 27% d’exécution à début mars 2026, alors que 62% du délai contractuel est déjà écoulé.
La Banque ainsi que le ministère ont exprimé leurs vives inquiétudes quant à la capacité de l’entreprise en charge des travaux à achever cette route de 46km, dans les délais contractuels. Ils ont exigé une réorganisation immédiate du plan de travail afin garantir le respect des échéances et des exigences du cahier des charges.
« Cette situation traduit un risque élevé de non-achèvement des travaux au 31 décembre 2026 et des mesures fermes seront prises en accord avec les autorités pour atteindre l’objectif d’achèvement de Ndendé-Doussala cette année », a indiqué M. Bassolé.
Le projet de construction de la route de Ndendé-Doussala s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui au secteur des infrastructures au Gabon (PASIG 1) de la Banque africaine de développement. Ce programme structurant et de portée régionale, vise à améliorer la qualité des infrastructures routières du pays, à désenclaver la province de la Ngounié et à relier le Gabon à la République du Congo.
Il est mis en œuvre grâce à un prêt de 92,78 millions d’euros de la Banque, et un autre de 44,83 millions d’euros de l’Africa Growing Together Fund (AGTF), un fonds de cofinancement créé par la Banque africaine de développement et la Banque populaire de Chine.
La mission de la Banque africaine de développement a permis de réaffirmer l’engagement commun des deux parties à accélérer la mise en œuvre des projets structurants au Gabon. Elle ouvre également la voie à de nouvelles perspectives de coopération pour soutenir la diversification économique et le développement durable du Gabon.
Avec la BAD



















