Incroyable pourtant vrai… Le désormais ancien ministre du tourisme, Pascal OGOWE SIPHON a été mis aux arrêts quelques minutes seulement après avoir remis sa démission au chef de l’État, suite à son élection comme sénateur. Cette interpellation fait suite quelques semaines seulement après celle d’Alain Simplice Boungoueres, un autre proche collaborateur du chef de l’Etat, Conseiller spécial du président de la République en charge des Infrastructures, pour des faits de corruption passive et de concussion.
Pascal OGOWE SIPHON a été mis aux arrêts peu après la sortie du palais présidentiel alors qu’il s’apprêtait à regagner son domicile. Selon des sources proches du dossier, il lui est reproché la prévarication des fonds alloués à son département ministériel. Pour rappel, à la fin de novembre, des rumeurs faisaient déjà état de son placement à résidence surveillée assorti d’une interdiction de quitter le territoire gabonais. Une enquête a aussitôt été ouverte à son encontre. Elle porte sur la gestion de plus de 10 milliards de francs CFA affectés à son ministère entre 2023 et 2025.
Mais contre toute attente, il a effectivement pris part au dernier Conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat. D’aucuns ont vite fait allusion à un poisson d’avril en plein mois de décembre. Malheureusement, il n’en était rien. Selon des sources digne de foi, il serait en ce moment en train d’être cuisiné par les éléments de la très redoutable Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM), communément appelé B2.
La justice au cœur de la gouvernance et de la moralisation de la vie publique
Hasard ou coïncidence à chacun d’apprécier. Toujours est-il que cette interpellation intervient au lendemain d’une grande réunion au cours de laquelle, le président de la République avait instruit les services compétents sur l’impérieuse nécessité d’ouvrir des enquêtes sur certaines entités sur lesquelles plane le doute.
En clair, un vent nouveau souffle au Gabon. Malheur à ceux qui n’ont pas encore intégré ce nouveau logiciel. Brice Clotaire Oligui Nguema semble bel et bien déjà avoir mis en marche le moulin à vent de l’impunité. Les prémices de cette nouvelle donne avaient pourtant été réitérée le 23 Octobre 2025, lors d’une réunion au Palais présidentiel réunissant l’ensemble des responsables de juridictions et des unités judiciaires du pays. Une convocation exceptionnelle qui traduisait la volonté du chef de l’État, également président du Conseil supérieur de la magistrature, de replacer la justice au cœur de la gouvernance et de la moralisation de la vie publique.
Fin des passe-droits et tolérance zéro
Face à ses interlocuteurs, Brice Clotaire Oligui Nguema n’avait pas mâché ses mots. Il a exigé la fin de l’impunité administrative et le renforcement effectif de la lutte contre la corruption, rappelant que la Vème République qu’il incarne repose sur un principe clair : la tolérance zéro. « La justice n’est pas une faveur que l’État accorde, mais un devoir qu’il doit à chaque citoyen », avait-il martelé.
Brice Clotaire Oligui Nguema avait en ce sens, donné des directives fermes : l’ouverture immédiate d’enquêtes et d’audits dans toutes les régies financières du pays. L’objectif étant d’identifier les dysfonctionnements, sanctionner les dérives et restaurer la transparence dans la gestion publique. Cette initiative s’inscrit ainsi dans la continuité de son combat engagé depuis la transition, avec une promesse constante : assainir les institutions et mettre fin aux pratiques qui minent la crédibilité de l’administration gabonaise. Les indélicats n’ont d’autres choix qu’à bien se tenir. Car, dit-on souvent, « Un homme averti en vaut deux »



















