A Gabon, le gouvernement mise sur le secteur minier pour booster la croissance et le développement du pays. Raison pour laquelle, une attention particulière est désormais accordée à ce pan de l’économie nationale. A preuve, lors d’une audience accordée aux opérateurs du secteur le 20 mars 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a entériné les chronogrammes de mise en œuvre de plusieurs projets structurants. Cette offensive minière, qui ne se limite plus au manganèse du Haut-Ogooué, marque un tournant stratégique avec la volonté des autorités de générer plus de 100 milliards FCFA de recettes budgétaires annuelles dès 2026 pour substituer la rente minière à une production pétrolière mature.
Selon notre source, l’épicentre de ce big bang industriel repose sur le projet de fer de Milingui, porté par la société Havilah Mining Gabon (HMG). Avec un investissement global estimé à près de 600 milliards FCFA, ce gisement, le deuxième plus important du pays après Bélinga, entrera en phase de production en novembre 2026.
Parallèlement, le secteur de la potasse à Mayumba franchit une étape décisive avec l’implication du groupe canadien Millennial Potash Corp, qui prévoit d’injecter environ 300 milliards FCFA (500 millions USD) pour une production annuelle de 800 000 tonnes d’engrais. Ces investissements massifs visent à transformer le Sud-Ouest en un hub d’exportation de premier plan, soutenu par le développement des infrastructures portuaires de Mayumba.
Ainsi, la nouvelle doctrine de Libreville, défendue par le ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema, impose désormais une rupture avec le modèle extractif classique : la transformation locale obligatoire. À Doussiegoussou, les projets de nickel, de cuivre et surtout de marbre ne se contenteront plus d’exporter des blocs bruts. Une usine de transformation de marbre est en cours de finalisation pour fournir le marché national et régional en produits finis. Cette stratégie de montée en gamme industrielle est conçue pour capter une plus forte valeur ajoutée et stabiliser les revenus de l’État face à la volatilité des cours mondiaux des matières premières.
S’agissant de l’impact social de cette montée en puissance est colossal, l’on fait des projections de 6 000 à 7 000 emplois directs et indirects créés dans la province. Le seul projet de fer de Milingui devrait absorber plus de 1 500 travailleurs. En exigeant des opérateurs le respect strict des normes environnementales et des délais d’exécution, le gouvernement gabonais envoie un signal fort aux marchés financiers : la Nyanga est désormais le nouveau moteur de la solvabilité du Gabon. Ce corridor minier du Sud-Ouest, autrefois négligé, devient ainsi le pilier de la souveraineté économique nationale pour la décennie à venir.
Avec Sikafinance



















