Le Gabon n’entend plus former les chômeurs, mais proposer des offres arrimées à l’offre du travail. Ce changement de paradigmes vise à résorber le taux de chômage des jeunes qui s’élève à 20%, et dont les jeunes diplômés représentent une tranche importante.
C’est en apôtre de l’orientation vers la formation et l’insertion professionnelles que se présente désormais, le Pr Patrick Mouguiama Daouda, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, du Transfert de technologies, de l’Education nationale, chargé de la Formation civique.
Au cours d’un meeting consacré aux enjeux de l’orientation scolaire, universitaire et professionnelle, le samedi 29 mai 2021, le membre du gouvernement a décliné les enjeux de cette nouvelle approche au nouveau monde estudiantin. Cette sortie a également vu la participation le Directeur général de l’Office national de l’emploi (ONE), Hans Ivala qui y a pris une part active.
A l’occasion, des explications majeures concernant les programmes de formation alternée, ont été proposés à ces nouveaux bacheliers. Leur lancement officiel, reste bien entendu en attente. Il en est de même, des opportunités d’accompagnement, à travers lesdites formations en alternance, ainsi que le nécessaire soutien financier propre aux Contrat d’assistance jeunesse (CAJ), pour une réelle employabilité du plus grand nombre.
Faut-il le rappeler, le Gabon a mis en place, une Commission adéquation formation – emploi en début de l’année 2021. Cet organe présidé par le ministre Patrick Mouguiama-Daouda vise une meilleure orientation des nouveaux bacheliers dans les structures d’enseignement publiques-privées. Elle vise aussi à préparer à l’insertion professionnelle et la formation professionnelle des bacheliers.
Selon les autorités gabonaises, «l’enjeu est important car il ne s’agit plus d’orienter vers les filières générales mais de pouvoir orienter stratégiquement les apprenants vers des métiers à fort taux d’employabilité». Pour le Pr. Patrick Mouguiama-Daouda, « les nouvelles directives telles que voulues par le président Ali Bongo Ondimba, en matière de formation des jeunes, accordent plus de places aux formations innovantes et créatrices d’emplois. C’est dans ce contexte que la mise en place du SOSUP (Secrétaire d’orientation Scolaire, Universitaire et Professionnelle) est rendue effective cette année».
A son tour, le directeur général de l’Office national de l’emploi (ONE) Hans Landry Ivala avait précisé le bien-fondé de cette réforme. Paraphrasant le président de la République, il a réitéré que «C’est un crime de former un jeune sans lui garantir l’insertion professionnelle. D’où la présence de l’ONE, puisque nous sommes en aval avec le monde professionnel et il est de notre devoir de rappeler quels sont les secteurs d’activités qui recrutent et quelles étaient les filières porteuses d’emplois. Désormais il faut lier l’emploi et la formation. Pour éviter une formation tout azimut, en menant des formations au besoin d’emploi».
Le 3ème Vice-président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et d’étudiants du Gabon (FENAPEG), Sandrine Carole Mekame, s’est égaklement montrée satisfaite de l’initiative, « En tant que parent, je pense qu’il était temps de modifier la manière dont nos enfants étaient orientés jusqu’à ce jour. Nous avons souvent été confrontés au problème de bourses perdues. C’est-à-dire que l’État attribue une bourse à un enfant qui va se former dans un autre pays. De retour au Gabon, il se rend compte que la formation qu’il a reçue ne cadre pas avec les offres d’emplois gabonais », a-t-elle déploré.
Avant d’ajouter, «Je pense qu’avec cette cellule d’orientation, on va avoir de moins en moins les problèmes de bourses perdues et de temps perdu. Je suis satisfaite aussi du fait que les enfants seront orientés en fonction de leur âge à l’obtention du baccalauréat vers l’insertion professionnelle pour certains et vers la formation professionnelle pour d’autres».



















