En juillet 2021, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) avait approuvé un accord de 36 mois au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) pour le Gabon, avec un accès équivalent à 553.2 millions de dollars américains. Cette approbation permettait le décaissement immédiat d’environ 115.25 millions de dollars pour l’appui budgétaire.
Ce programme visait aussi à soutenir la réponse à court terme à la crise de la COVID-19 et à jeter les bases d’une croissance post-pandémie forte, verte, tirée par le secteur privé et qui profite à tous les Gabonais. Les réformes seront axées sur la création d’un espace budgétaire pour les dépenses sociales prioritaires, la réduction de la vulnérabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et de la transparence, et l’amélioration de l’inclusion financière.
Contre toute attente, après deux revues achevées, le programme a été suspendu. D’après certaines sources, cette suspension procédait de l’affaiblissement des performances budgétaires et des réformes structurelles à l’approche des élections d’août 2023. Des insuffisances sur sa mise en œuvre révèlent que seul 1 des 16 repères structurels prévus pour 2022-2023, a été atteint par l’ancien régime.
De l’eau est passée sous les ponts
Depuis lors, la donne a évolué dans le bon sens après cette forfaiture. Les réformes initiées depuis fin 2023, par les autorités de la transition enregistrent des progrès significatifs dans la mise en œuvre des repères structurels. L’on évoque entre autres, l’intégration de tous les revenus et paiements dans le Compte unique du Trésor (CUT), la numérisation des services publics, y compris le paiement des impôts, l’introduction de la taxe foncière unique (TFU), la publication annuelle d’un rapport de la Commission nationale de lutte contre la correction et l’enrichissement illicite (CNLCEI), ainsi que la présentation d’un Bilan du secteur public (BSP).
Les dernières consultations du Conseil d’administration du FMI tenues au mois de mai 2024, le prouvent également à suffisance. Une nouvelle dynamique est insufflée au partenariat entre le Gabon avec le FMI. A preuve, les administrateurs du Fonds ont ainsi approuvé le contenu de l’évaluation des services. Ils ont en outre, salué le rebond de la croissance et la baisse de l’inflation après de multiples chocs domestiques.
Ils ont cependant noté que le caractère actuellement expansionniste de la politique budgétaire et la persistance de faiblesses structurelles et de gouvernance, amplifiés par les risques externes, posent des défis significatifs pour l’économie. Ils n’ont pas également omis de souligner que les perspectives économiques du Gabon dépendront de la capacité des autorités à s’orienter vers un modèle de gouvernance plus transparent et inclusif, tout en corrigeant les déséquilibres budgétaires et en diversifiant l’économie pour stimuler la croissance et lutter contre la pauvreté. L’urgence d’une consolidation budgétaire décisive pour garantir la viabilité des finances publiques, tout en préservant la capacité à répondre aux importants besoins sociaux et de développement reste également de mise.
Le FMI a également encouragé à une plus grande efficacité budgétaire et l’accroissement des marges budgétaires grâce à l’adoption de mesures fiscales. Non sans noter qu’un engagement ferme en faveur de bonnes pratiques de gestion des finances publiques sera crucial pour renforcer la position budgétaire. Ils ont salué la consolidation du Compte Unique du Trésor et la numérisation des services du gouvernement, et ont encouragé les autorités à remédier aux lacunes, qui subsistent, relatives à la gestion des entreprises publiques, de la dette et des investissements, ainsi qu’à la gestion de la masse salariale et de la fonction publique.
Les administrateurs ont souligné l’importance d’améliorer la gouvernance et la transparence des comptes publics. Tout comme ils ont salué l’engagement pris par les autorités dans ce domaine et noté que le reporting transparent des comptes publics récents est une première étape importante. De ce fait, ils ont appelé à des efforts supplémentaires, notamment la comptabilisation et la présentation exhaustives des comptes publics, des actifs et des passifs du secteur public, la publication des contrats miniers, et une meilleure évaluation de la contribution potentielle des recettes du secteur minier. Ils ont encouragé les autorités à poursuivre leur engagement avec le Fonds monétaire international, y compris à travers le renforcement des capacités, pour soutenir leurs efforts de réformes.
Toujours dans le cadre du retour à la sérénité en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, les progrès du Gabon en matière de réformes structurelles centrées sur une meilleure mobilisation des ressources internes et une rationalisation des dépenses ont été salués par le Fonds, au cours d’une séance de travail avec Abebe Aemro Selassie, directeur du Département Afrique du FMI.



















