Du 22 au 23 mai 2025, les organisations de la société civile gabonaise (OSCs), réunies dans le cadre du Projet d’appui à la société civile et aux médias (PACEM-Gabon) ont organisé s’est réunie pour faire le point sur le processus électoral relatif à la présidentielle du 12 avril 2025. Cette activité avait également pour but de mettre en relief, leur détermination de consolider son rôle dans le processus électoral.
Durant ces deux jours, les participants ont mené un travail d’analyse critique et de projection autour de ses missions d’observation. À travers des constats lucides et des recommandations fortes, cet atelier marque une étape décisive vers une observation électorale plus crédible, coordonnée et inclusive. Autrement dit, un atelier de réflexion et de capitalisation des missions d’observation électorale.
Les acteurs engagés dans le suivi du processus électoral ont partagé leurs expériences, analysé les forces et faiblesses de leurs actions, et formulé des recommandations pour un avenir démocratique plus transparent et inclusif au Gabon. Pour une amélioration de de la gouvernance électorale, les réflexions ont été axées autour de sept sessions thématiques. Seulement, seuls les enseignements des sessions 3 et 5 ont été scrutées parce que jugées particulièrement déterminantes. S’agissant par exemple de la session 3 relative à la stratégie de coordination entre les principales plateformes d’observation (ROC, TLP, MOE et les OSCs), plusieurs dysfonctionnements majeurs ont été observées.
Il s’agit entre autres de l’absence de cadre formel de collaboration, outils de travail non harmonisés, conflits de leadership, divergences méthodologiques et carences en matière de confiance mutuelle. Des défis qui, selon les participants, compromettent la crédibilité et l’efficacité des missions d’observation sur le terrain.
Pour ce qui est de la session 5, elle a porté sur les recommandations issues des déclarations préliminaires des différentes missions. Ces recommandations ont été saluées pour leur objectivité, leur neutralité et leur visée consultative. Elles s’adressent à plusieurs niveaux d’acteurs.
Au-delà de ces aspects, plusieurs recommandations jugées fortes pour une démocratie renforcée ont été faites. On citera entre autres, celles adressées à l’État et au ministère de l’Intérieur dont : l’inclusion des personnes vivant avec un handicap et des peuples autochtones dans le processus électoral ; la simplification des procédures d’accréditation des observateurs ; la création d’un guide national pour l’observation électorale ; la mise en place de campagnes d’éducation citoyenne régulières et l’audit systématique des listes électorales avant chaque scrutin.
Pour ce qui est des partis politiques, ils sont quant à eux invités à encourager la culture de la paix et de la cohésion sociale auprès de leurs militants, tandis que les OSCs doivent renforcer leur neutralité, standardiser leurs formations, travailler en synergie et améliorer la transparence de leurs actions.
Un autre volet tout aussi crucial aura été l’engagement citoyen durable et structuré. « Au-delà de l’acte d’observer, l’accent a été mis sur le suivi des recommandations post-électorales. La mise en place d’un comité de suivi structuré, accompagné d’un plaidoyer institutionnel coordonné, a été proposée pour garantir une mise en œuvre effective des mesures suggérées. Un dialogue institutionnel permanent, incluant des concertations régulières avec les autorités, est également recommandé ».
Au chapitre de l’’innovation, l’atelier a proposé d’organiser un forum national de restitution, de transmettre en amont la liste des OSCs accréditées aux autorités locales, de mener des campagnes de prévention des conflits électoraux, et de renforcer le professionnalisme des OSCs via un recrutement basé sur les compétences.
Fort de tout ce travail d’orfèvre, cet engagement de la société civile a apprécié à sa juste valeur au niveau international. Ainsi, les efforts des participants ont été chaleureusement salués par plusieurs partenaires internationaux présents, notamment Aksil Amirouche, du Centre européen des élections, Julic Schwab, attaché de l’ambassade de France, et Cécile Abadie, représentante de la délégation de l’Union européenne. Tous ont souligné l’importance de telles initiatives pour renforcer la démocratie participative au Gabon et améliorer les futurs processus électoraux.
Il convient enfin de noter que « Dans un contexte où la confiance dans les institutions et les processus électoraux reste fragile, de telles rencontres permettent de renforcer la transparence, l’inclusion et la participation citoyenne. Elles favorisent également l’émergence d’une société civile structurée, professionnelle et crédible, capable de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’État de droit ».



















