C’est un important pallier que vient franchir l’État gabonais dans sa quête de souveraineté énergétique. Cela, avec la réception de la première phase de la centrale thermique à gaz IPP de Mayumba. D’une capacité de 8,5 MW, cette infrastructure marque une avancée décisive vers la souveraineté énergétique et la sécurisation de l’approvisionnement électrique dans le sud du pays et notamment dans la province de la Nyanga, longtemps confrontée à un stress énergétique.
Lors de la cérémonie de réception, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a décliné les contours techniques dudit investissement. Réalisé grâce à un investissement d’environ 17 milliards de francs CFA, « Cette centrale illustre concrètement la priorité absolue accordée par le chef de l’État aux secteurs de l’eau et de l’énergie, piliers essentiels du développement économique et social. Il revient désormais à l’État gabonais de réceptionner techniquement ces infrastructures qui lui appartiennent intégralement », a –t-il déclaré.
Par ailleurs, cet investissement dont la qualité des ouvrages a été réalisé, selon des standards technologiques, permettra l’alimentation temporaire de la ville de Mayumba par les deux turbines à gaz, en attendant la mise en service des ouvrages connexes prévue pour juin 2026. Ces derniers comprennent notamment la ligne électrique Mayumba–Tchibanga et son poste d’arrivée, destinés à évacuer l’énergie produite vers l’ensemble de la zone concernée.
La fiche technique de cette centrale net en évidence : deux turbines à gaz Taurus 60 du constructeur SOLAR, un poste gaz assurant le comptage et le traitement, trois transformateurs ainsi qu’une salle électrique moderne. Quant à l’approvisionnement en gaz, elle est assuré par un gazoduc de 32 kilomètres reliant le champ pétrolier de Lucina, exploité par Perenco, au site de Mayumba. Conçue pour accompagner la croissance de la demande énergétique, l’infrastructure prévoit des extensions successives, avec une montée en puissance à 20 MW en phase 2, puis à 50 MW à terme.
En outre, des progrès notables ont été enregistrés sur les ouvrages associés. Par exemple, la ligne électrique de 30 kV, réalisée par la SETEG, bénéficie de l’installation d’une usine de fabrication de poteaux à Mayumba, tandis qu’une équipe dédiée accélère les travaux de montage. Le poste de transformation de Tchibanga est également en chantier, avec des commandes d’équipements déjà lancées à l’international.
Au demeurant, la centrale de Mayumba permettra à court terme de réduire significativement les charges d’exploitation de la SEEG, encore fortement dépendante du gasoil. Elle contribuera aussi à la diminution des émissions de gaz à effet de serre grâce à la valorisation du gaz naturel.
Exploitée par la société Nyangou, filiale de Gabon Power Company, l’infrastructure a déjà généré plus de 80 emplois directs et favorisé la formation de techniciens gabonais appelés à en assurer l’exploitation et la maintenance. Véritable symbole d’un partenariat public-privé efficace, la centrale thermique à gaz de Mayumba incarne la volonté du Gabon de bâtir un avenir énergétique durable, au service du développement local et du bien-être des populations.




















