C’est un coup de pouce non négligeable pour les autorités camerounaises. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, ce 08 mars 2023, les troisièmes revues des accords triennaux au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de financement (FEP) avec le pays. Ces accords ont été approuvés le 29 juillet 2021 pour 483 millions de DTS (environ 689,5 millions de dollars, soit 175 % de la quote-part).
La conclusion de ces troisièmes revues ouvre la porte à un décaissement de 55,2 millions de DTS (environ 73 millions de dollars). Ce qui porte le total des décaissements au titre de ces accords, à 317,4 millions de DTS (environ 420 millions de dollars), soit près de 261 milliards de FCFA.
Occasion a également été donnée à l’institution de Bretton Woods de faire une revue de l’économie camerounaise. Au terme de ces revues, l’on retient que le redressement du pays est en cours dans un contexte de défis accrus dans un environnement mondial incertain.
Et qu’en outre, la croissance est estimée à 3,4 % en 2022, soutenue par la hausse des prix du pétrole et la production non pétrolière. L’inflation globale est estimée à 6 % fin 2022. Le déficit budgétaire global s’est amélioré, passant de 3 % du PIB en 2021 à environ 1,8 % en 2022, reflétant la hausse des recettes pétrolières, tandis que le déficit primaire non pétrolier s’est détérioré, passant de 3,9 % du PIB en 2021 à 4,5 % en 2022, principalement en raison de l’augmentation des subventions aux carburants. La croissance du PIB réel est projetée à 4,3 % en 2023 et devrait atteindre en moyenne 4,5 % à moyen terme.
En achevant les revues, le Conseil d’administration a approuvé des dérogations pour non-respect de deux critères de réalisation : le plancher du solde primaire non pétrolier à fin décembre 2022 qui n’a pas été atteint en raison de la hausse des prix du pétrole et de la dépréciation de la monnaie, entraînant une augmentation des dépenses pour la subvention au carburant.
Quant au second critère, il concerne le plafond zéro continu sur l’accumulation de nouveaux arriérés de paiements extérieurs. Celui-ci n’a pas été respecté suite aux retards de paiement du service de la dette en raison de problèmes de gestion de trésorerie en fin d’année, qui ont déjà été réglés. Ces dérogations pour non-respect ont été approuvées en raison des mesures correctives prises par les autorités et de la nature temporaire du non-respect, respectivement.
Par ailleurs, le directoire du FMI a approuvé une dérogation d’applicabilité pour trois critères de performance à fin décembre 2022, et pour lesquels, les données ne sont pas encore disponibles.



















