L’accès à l’énergie demeure une gageure en zone CEMAC. Cette déplorable situation est contenue dans un récent rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur le secteur.
En effet, malgré l’installation de nouvelles capacités de production, la puissance électrique de la zone CEMAC n’a que peu évolué depuis 2015 et pire, elle n’a pas réussie à juguler les défaillances des caduques unités de production d(énergie, déplore l’organisme onusien.
Pourtant, fait-il savoir, « ce ne sont pas les stratégies de développement du secteur qui font défaut. Elles sont pourtant ambitieuses, à l’image de la Stratégie nationale de développement camerounaise (SND30) qui a pour objectif d’atteindre 5 GW de puissance installée à l’horizon 2030 ».
Qu’à cela ne tienne, le Cameroun compte pour près de la moitié de la capacité électrique de la zone CEMAC. Alors que les capacités installées au Gabon, au Congo et en Guinée équatoriale cumulées, comptent pour autant que celles de leur voisin camerounais. Leurs mix électriques sont néanmoins dominés par les énergies fossiles malgré une part non négligeable de production hydroélectrique.
Avec 62% de sa production issue de l’hydroélectricité, le Cameroun vise à travers le développement du secteur à assurer son autonomie énergétique. La mise en opération à venir du barrage de Nachtigal d’une puissance de 420 MW, concorde avec la volonté du Cameroun d’atteindre les 85% de production hydroélectrique en 2030.
A inverse, le Tchad et la RCA qui ne possèdent pas de moyens de production électrique conséquents se sont orientés vers une production d’électricité plutôt d‘origine voltaïque. Principalement hors réseau, afin de satisfaire les besoins de populations majoritairement rurales.
Dans l’ensemble, le taux d’accès à l’électricité à l’échelle mondiale est de 90,4%, mais cache de nombreuses disparités entre les différentes régions du monde. Plus de 50% de la population d’Afrique sub-saharienne ne bénéficie pas d’un accès fiable à l’électricité, et la consommation moyenne dans la zone est de 200 kWh par an et par habitant (contre 4 418 kWh/an/habitant en Afrique du Sud).
En outre, la vétusté des infrastructures de production et l’absence des réseaux de transport et de distribution efficaces diminuent le plus souvent la quantité d’énergie finale à disposition. Le taux d’accès à l’échelle cache souvent des disparités entre zones urbaines où il peut atteindre 90%, et zone rurale, où moins de 20% de la population est raccordée.
Ainsi, avec une population faible mais concentrée à 90% dans les aires urbaines et 15% en zone rurale, le Gabon présente l’un des meilleurs taux d’accès à l’énergie d’Afrique sub-saharienne.
Cette performance procède des efforts que mène le pays au quotidien pour améliorer l’offre en énergie électrique, souligne un rapport 2021 de « The Energy Progress Report » de la Banque mondiale, qui met également en exergue, d’autres réformes telles que : le cadre juridique élaboré par le pays afin d’attirer les investisseurs, la libéralisation du secteur dans la production et le transport, ainsi que le développement des énergies renouvelables grâce aux mesures incitatives.
Car, faut-il le relever, dans sa transition énergétique, le Gabon ambitionne de sortir d’un mix énergétique composé à 50 % d’énergies fossiles, pour atteindre un mix énergétique 100 % propre, dont 80 % d’hydroélectricité d’ici 2030.



















