Libreville, la capitale gabonaise a abrité du 08 au 09 avril 2026, la 10ème édition du Marché africain de l’énergie et du partenariat (AEMP). Cette rencontre de haut niveau a été organisée sous l’égide du ministère de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie en appui avec la Banque africaine de développement (BAD). Elle a réuni institutions financières internationales, banques de développement, agences de coopération et investisseurs privés autour des priorités du secteur énergétique gabonais.
Elle visait à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du pacte énergétique national, pilier du Plan de développement 2026–2030. Ce pacte s’inscrit dans la Mission 300 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Prenant la parole, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a expliqué les causes techniques des délestages observés à Libreville, soulignant que le problème ne réside pas uniquement dans la production, mais aussi dans le transport de l’énergie. Il a notamment évoqué l’obsolescence des infrastructures reliant Owendo à Bisségué et la nécessité de travaux programmés. « Ce ne sont pas des délestages accidentels, ce sont des délestages des travaux programmés », a-t-il précisé, tout en annonçant des projets majeurs destinés à renforcer durablement l’approvisionnement électrique.
Intervenant au nom du Tony Blair Institute, Sergio Portatadino, responsable de l’énergie en Afrique, a rappelé que le Gabon s’inscrit dans une dynamique continentale d’électrification portée par Mission 300, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements à travers un pacte structuré. Il a également mis en avant les atouts naturels du pays. « Le Gabon a de très grandes ressources hydroélectriques, du gaz et pourquoi pas aussi du solaire », a-t-il indiqué, estimant qu’une meilleure planification et une réduction des risques pourraient permettre au pays, à moyen terme, d’exporter de l’électricité dans la sous-région.
Dans ce cadre, les discussions ont porté sur le financement des infrastructures critiques : production, transport et distribution. Les participants ont souligné que si la production est en progression avec des projets comme la centrale hydroélectrique de Kinguélé, prévue pour mi-2027, et les futures centrales à gaz au sud de Libreville, le transport de l’énergie reste le principal goulot d’étranglement. A cela s’ajoutaient, les réseaux vieillissants, le manque d’investissements pluriannuels et l’insuffisance de la maintenance pèsent sur la qualité du service.
A l’occasion, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), partenaire stratégique de l’AEMP, a réaffirmé sa disponibilité à structurer des financements pour les projets d’énergies renouvelables et d’électrification rurale. Quant à la Banque mondiale, elle a rappelé l’appui de 150 millions de dollars déjà accordé pour améliorer l’accès à l’eau et à l’énergie dans 42 localités. Non sans présenter de nouveaux guichets mobilisables.


















