Selon le récent rapport Afrobarometer, réseau panafricain et indépendant de recherches, chaque année, la corruption fait perdre à l’Afrique une somme de 148 milliards de dollars, soit environ 25 % du produit intérieur brut moyen. Pour étayer ce rapport, l’institution s’appuie sur les données compilées de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Malgré la volonté de combattre la corruption en prenant certaines mesures, les efforts du gouvernement ne sont pas appréciés par les Gabonais. Neuf sur 10 (90%) des citoyens désapprouvent la performance de leur gouvernement dans la lutte contre ce fléau dans l’administration publique.
Au Gabon, les pertes annuelles liées à la corruption s’estiment entre 400 et 500 milliards de FCFA. Le niveau avancé de la corruption nuit aux efforts de croissance du pays en ralentissant l’émergence d’une classe moyenne à travers la redistribution des profits générés par l’Etat.
Malgré la mise sur pied, de plusieurs instruments tel qu’un ministère dédié à la lutte contre le fléau, la corruption dans le pays demeure endémique. En témoigne la 124e place du pays sur 180 économies dans le classement de Transparency International sur l’Indice de perception de la corruption au cours de l’année 2021.
Les inquiétudes des populations sur l’étendue de la corruption dans le pays grandissent. Les récents procès des hauts cadres de la République, accusés tous de détournement de fonds et de blanchiment de capitaux, ont révélé l’ampleur de la corruption dans certaines hautes administrations du pays.
C’est dans ce contexte que les résultats de la dernière enquête d’Afrobaromètre sont sollicités pour relater les perceptions de la population sur la corruption. Une grande majorité des Gabonais estime que la corruption s’est accumulée dans leur pays au cours des 12 derniers mois. Aux yeux des citoyens, les officiels de la présidence, les policiers/gendarmes et les députés seraient tous trempés dans des affaires de corruption, ainsi que des agents des services publics.
De plus, les Gabonais ne sont pas satisfaits de la performance de leur gouvernement en matière de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique. Ils pensent en effet, risquer des représailles en signalant un acte de corruption.



















