Comprendre les enjeux des accords de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tel est l’enjeu d’une session des acteurs du secteur privé qui se déroule en ce moment au Cameroun.
A l’occasion de cette rencontre débutée le lundi 8 mars 2021, Mme Brusil Miranda Metou, secrétaire générale du ministère camerounais du Commerce, s’est adressée à une cinquantaine d’experts et de représentants du secteur privé camerounais qui participent à une formation en ligne. Cela, afin de saisir pleinement les objectifs, la portée et le processus de négociation de la ZLECAf ainsi que son impact attendu sur la socio-transformation du Cameroun.
La formation se déroule tout au long de cette semaine. Elle est organisée conjointement par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) et le Centre africain des politiques commerciales (ATPC), le ministère camerounais du Commerce, la Commission de l’Union africaine, le Centre du commerce international (ITC) sont d’autres contributeurs à cette activité financée par l’Union européenne.
Selon Mme Metou « L’exercice contribuera également à inverser la tendance «d’une Afrique où de nombreux pays restent exportateurs de matières premières sans valeur ajoutée et sont donc exposés à la détérioration des termes de l’échange». Avant d’ajouter que «La ZLECAf contribuera « à améliorer la compétitivité des entreprises africaines en exploitant les possibilités de production à grande échelle grâce à l’accès à un grand marché continental ouvert et à une meilleure réaffectation des ressources ». Une invite a été lancée aux acteurs du secteur privé camerounais à «profiter pleinement des opportunités offertes par cet instrument qui vise à créer un marché continental commun avec la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services qui sont essentiels pour renforcer l’intégration économique ainsi que promouvoir le développement agricole, la sécurité alimentaire, l’industrialisation et la transformation structurelle et économique. «
«Pour nous il ne fait aucun doute que le Cameroun, première économie de la zone CEMAC, tant par la taille de son PIB que par la taille de sa population, profitera de la ZLECAf pour accroître ses exportations vers l’Afrique grâce à une plus grande diversification horizontale et verticale de l’économie », a souligné Antonio Pedro, Directeur du bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale. «En effet, alors que nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale de la femme, il est essentiel de bien comprendre l’impact de la libéralisation du commerce intra-africain sur le genre pour garantir l’égalité des chances pour les femmes et les hommes dans le cadre de la ZLECAf», a-t-il ajouté. Tout en félicitant le Cameroun d’avoir franchi plusieurs étapes dans la mise en œuvre de la ZLECAf. Karima Bounemra Ben Soltane, Directrice de l’IDEP, a quant à elle rappelé que le marché commun « est une opportunité représentant l’une des dernières chances pour l’Afrique de se lancer dans une plus des processus dynamiques, plus résilients et mieux ancrés visant le bien-être de ses populations avec des taux de croissance inclusifs’’.
Selon elle, la formation est pertinente car les enjeux de la ZLECAf «doivent être discutés à tous les niveaux – tant au niveau central qu’au niveau des communautés et des régions pour être sûr que leurs spécificités, besoins et capacités sont pris en compte et bien intégré »dans la participation du Cameroun à ce marché. La formation, selon elle, sera donc « une contribution concrète au développement des stratégies de commerce intérieur et extérieur du Cameroun ».
Frank Bonzemba, économiste principal à l’ITC en charge de l’Afrique, a félicité la CEA pour toutes ses initiatives visant à mieux diffuser le contenu de la ZLECAf auprès des parties prenantes africaines des secteurs public et privé. « La taille du marché africain étant estimée à plus de 1,3 milliard de consommateurs, il est important de promouvoir la ZLECAf afin de ne pas en faire uniquement un instrument de politique commerciale, mais un véritable outil de développement contribuant à la transformation structurelle du continent », a-t-il affirmé.
Selon Désiré Loumou, expert principal en commerce des services à la Commission de l’Union africaine, «la ZLECAf offre un large éventail d’opportunités à ses États parties, tant pour le commerce des marchandises que pour le commerce des services, à ce stade, et plus tard pour politique de la concurrence, droits de propriété intellectuelle, investissements et commerce électronique ». «Ces opportunités nécessitent un niveau minimum de compréhension et de maîtrise à la fois des enjeux et des défis qu’elles présentent», a-t-il dit, tout en ajoutant que «c’est pourquoi en optant pour la formation de ses différentes parties prenantes à travers cet atelier, le Cameroun se positionne parmi les pays prêt à tirer parti de la ZLECAf comme outil de développement économique ».
« Cette formation est donc l’occasion pour les participants d’approfondir leur compréhension de la ZLECAf afin de la transformer en un instrument qui les aidera à changer la vie de nos jeunes, de nos femmes et de la population en général ». Tout cela, a-t-il déclaré, « contribuera à créer une dynamique pour une intégration plus poussée et plus profonde de nos économies, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ».































