La poursuite des réformes constitue le seul antidote qui puisse sortir l’Afrique subsaharienne des fourches caudines de la crise dans laquelle elle est engluée depuis près de quatre ans déjà. C’est d’ailleurs la thérapie prescrite par le Fonds monétaire international (FMI) à la région, dans ses récentes perspectives économiques publiées au mois d’octobre 2023. Les contours de cette conjoncture ont été expliqués par Gomez AGOU, le représentant – résident de l’institution de Bretton Woods au Gabon, le 10 novembre 2023 à Libreville.
Contexte
Dans un premier temps, le diplomate a rappelé le contexte dans lequel évoluent actuellement les économies de l’Afrique subsaharienne. En effet, « À peine sortis de la pandémie de COVID-19, les pays ont subi le ralentissement de l’économie mondiale, une inflation planétaire, un renchérissement des emprunts et une crise du coût de la vie. Par conséquent, la croissance en 2023 devrait chuter pour la deuxième année consécutive et s’établir à 3,3 %, contre 4,0 % l’année dernière », a-t-il présenté. Avant de rassurer sur le rebond tant attendu qui se profile à l’horizon.
Optimisme prudent et pessimisme modéré
Ce nouvel environnement qui se profile devrait s’accompagner d’indicateurs encourageants. Ainsi, «l’inflation diminue, les finances publiques se stabilisent et la croissance est sur le point de repartir à la hausse, pour atteindre 4,0 % l’année prochaine. Les perspectives sont certes moins menaçantes, mais le moment n’est pas encore venu de crier victoire », a-t-il laissé entendre.
Des priorités pour l’action publique
Selon le fonctionnaire du FMI, « Dans bien des cas, l’inflation demeure trop forte, les coûts de l’emprunt qui restent élevés, tandis que les pressions sur les taux de change persistent et l’instabilité politique continue de soulever des inquiétudes ».
Pour assurer que le rebond qui se profile soit davantage qu’une embellie passagère, « il importe que les autorités se gardent d’assouplir prématurément leurs politiques de stabilisation, tout en mettant en œuvre des réformes qui permettront à la fois de récupérer le terrain perdu après quatre ans de crise et de créer des marges de manœuvre supplémentaires pour répondre de toute urgence aux besoins de développement de la région », préconise-t-il.
Entre autres réformes évoquées : l’ajustement monétaire qui doit s’accompagner d’autres mesures telles que : le resserrement de la politique monétaire pour maîtriser l’inflation; le soutien ciblé en faveur des pauvres; des réformes structurelles pour renforcer le secteur des exportations, et le rééquilibrage des comptes publics lorsque le déficit budgétaire vient s’ajouter aux pressions qui s’exercent déjà sur le taux de change.
M. Gomez AGOU a également conseillé « d’honorer les remboursements de dette tout en se ménageant des marges de manœuvre pour les dépenses de développement ». Car, selon lui, « Dans une grande partie des pays de la région, la politique budgétaire doit s’adapter à la baisse des financements et à la multiplication des facteurs de vulnérabilité liés à l’endettement ». Pour y parvenir, « il convient d’accroître les recettes intérieures, de dépenser de manière stratégique, d’emprunter prudemment et d’ancrer la politique budgétaire dans un cadre crédible à moyen terme », a-t-il poursuivi.
Autrement dit, dans la majeure partie des pays l’Afrique subsaharienne, les besoins de développement sont considérables et l’espace budgétaire, limité, aussi la plupart des pays auront-ils besoin d’une plus grande aide de la part des donateurs, fait observer le FMI.
Pour sortir de cet étau de la crise, il convient donc d’améliorer les niveaux de vie et le potentiel de croissance, en particulier dans les pays riches en ressources naturelles. Dans ce cadre, « Les autorités devront par exemple procéder à d’ambitieuses réformes structurelles. Cela, afin de favoriser la croissance du revenu par habitant. Notamment en investissant dans l’éducation, en assurant une meilleure gestion des ressources naturelles, en améliorant le climat des affaires et en adoptant des solutions numériques, et en s’engageant en faveur de l’intégration commerciale », conclu le FMI.



















