Selon les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’avril du FMI, « le paysage a changé, les gouvernements du monde entier réorganisant leurs priorités politiques et les incertitudes atteignant de nouveaux sommets ». La croissance du PIB mondial est désormais attendue à 2,8 % cette année, en baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport aux PEM d’octobre 2024.
L’économie américaine devrait désormais croître de 1,8 % (-0,4 point de pourcentage depuis octobre), tandis que la croissance chinoise a été ajustée à 4,0 % pour 2025 (-0,5 point de pourcentage depuis octobre). Il est important de noter que le FMI souligne que « compte tenu de la complexité et de la fluidité de la situation actuelle, ce rapport présente une prévision de référence basée sur les informations disponibles au 4 avril 2025 (y compris les droits de douane du 2 avril et les premières réponses) ».
La plupart des économies africaines ont subi des révisions à la baisse de leur croissance

Selon les prévisions préliminaires du FMI, le Botswana sera le plus grand perdant parmi les principales économies africaines. En octobre, le Fonds prévoyait une croissance de 5,2 % de l’économie d’Afrique australe cette année, mais il prévoit désormais une contraction du PIB de 0,4 %. Parmi les autres victimes notables figurent le Mozambique (-1,8 point de pourcentage), l’Ouganda (-1,3 point de pourcentage) et l’île Maurice (-1,0 point de pourcentage). Les rares chanceux qui ont bénéficié de révisions à la hausse de la croissance comprennent l’Eswatini (+0,9 point de pourcentage), le Rwanda (+0,6 point de pourcentage), l’Algérie (+0,5 point de pourcentage) et le Maroc (+0,3 point de pourcentage). À l’exception de l’économie libyenne déchirée par la guerre, dont le Fonds prévoit une croissance de 17,3 % cette année, le Sénégal devrait être l’économie africaine à la croissance la plus rapide en 2025, avec une croissance du PIB de 8,4 %.
Au demeurant, les dernières prévisions des Perspectives de l’économie mondiale auraient (assez hâtivement) intégré l’impact du Jour de la Libération, mais ne reflètent pas les ajustements tarifaires intervenus depuis. Bien que le déploiement complet des droits de douane réciproques ait été reporté de 90 jours, avec seulement un droit de base de 10 % appliqué dans l’intervalle, cette pause temporaire n’offre que peu de répit direct pour le continent.
La plupart des pays africains entrent dans la catégorie des droits de douane réciproques de 10 %, ont des liens commerciaux minimes avec les États-Unis ou exportent des biens exemptés de droits de douane. Cependant, l’impact économique le plus important sur le continent sera indirect, sous la forme de fluctuations des prix des matières premières et du sentiment de risque mondial, qui dépendra des caprices du président américain Donald Trump.



















