Après la très glorieuse période, d’il y a encore quelques mois, le secteur pétrolier de la CEMAC est entré dans une zone de fortes turbulences. Apprend-on du test prévisionnel de conjoncture de la CEMAC au premier trimestre 2023 réalisé par la BEAC.
Selon l’institution financière sous-régionale, cette situation est en lien avec la baisse générale du rendement des champs découlant de leur vieillissement, la survenance de certains incidents sur des plateformes d’exploitation (en Guinée Equatoriale notamment) et les difficultés d’approvisionnement en biens d’équipements nécessaires au maintien de la productivité des puits,
Au Gabon par exemple, l’activité des hydrocarbures se contracterait au premier trimestre 2023. Justement après une évolution favorable au quatrième trimestre 2022. Le repli observé découlerait des difficultés rencontrées par les opérateurs pour forger dans un contexte de déclin naturel continu des champs, en attendant le déploiement de plusieurs projets de développement des activités aussi bien pétrolières (campagne de forage) et gazière (gaz propane liquéfié), mais en plus le développement des infrastructures permettant leur exploitation.
La dynamique favorable au quatrième trimestre est à mettre en lien avec un meilleur forage des puits tirant profit des investissements dans des projets de développement de l’activité pétrolière et gazière, en dépit du renchérissement des matériels et équipement et de la réglementation stricte non encore bien assimilée par les fournisseurs et divers prestataires des opérateurs des hydrocarbures.
Au Gabon, les perspectives restent mitigées, dans un contexte marqué par le reflux de la production, en liaison avec le vieillissement des champs pétroliers et l’absence des grands projets de développement. Cette situation contrasterait avec la bonne performance des exportations en valeur, dans le sillage du maintien à un niveau soutenu des cours de l’or noir, sous l’effet de la persistance du conflit Russo-Ukrainien.
Quant à la Guinée Equatoriale, au-delà du déclin naturel de la production de pétrole brut, les perspectives s’inscrivent fortement à la baisse, du fait d’une diminution plus importante de la production, suite à l’incident survenu en mi-septembre sur l’unité de production flottante du champ de production Zafiro, opéré par le géant du secteur, Mobil EG. Actuellement, la seule installation dans le champ Zafiro qui est en production est celle de FPSO serpentine.
S’agissant du Tchad, la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) prévoit une augmentation de la production en lien avec le plan de forage ambitieux du principal opérateur (CNPCIC) de 42 nouveaux puits, le redémarrage du champ de Mangara par Perenco et l’optimisation du champ de Badila. Cependant, la société est confrontée à des difficultés au niveau de la douane pour importer des biens d’équipement.



















