Le projet « Gabon 2050 » décline clairement la feuille de route des nouvelles autorités de Libreville pour le développement du pays. Laquelle consiste en un engagement à construire une économie de production pour une prospérité partagée, à renforcer les institutions, à promouvoir la justice sociale et à protéger l’environnement.
Tout sauf une sinécure
Les autorités gabonaises ont certainement mesuré l’ampleur de la tâche qui est la leur, dans le processus du développement du pays. L’ambitieux projet « Gabon 2050 » décline avec clarté, les grands axes de ce chantier qui aura pour principal objectif de bâtir un Gabon plus résilient, inclusif et prospère. Un chemin qui sera sans doute semé d’embûches, mais que le gouvernement entend mener avec courage, unité et détermination, afin de surmonter ces défis, renseigne ledit document.
En effet, à l’horizon 2050, le Gabon souhaite devenir une référence en matière de gouvernance démocratique, éthique et transparente, fondée sur des institutions solides et la confiance citoyenne. Ce chemin se décline en quatre principaux axes :
Renforcement de la démocratie
La vision « Gabon 2050 » met l’accent sur la création d’un pacte de confiance entre les citoyens, l’État et la classe politique. Des consultations populaires régulières seront instituées pour améliorer la participation citoyenne, tandis que le processus électoral sera rendu plus crédible et transparent.
Lutte contre la corruption
Le gouvernement entend renforcer la redevabilité des institutions par la publication des rapports annuels de la Cour des comptes et de l’Inspection générale d’État. Des mesures seront prises pour réguler les marchés publics et améliorer la transparence de la gestion des ressources publiques.
Promotion de l’État de droit
La réforme du système judiciaire visera à renforcer la séparation des pouvoirs, garantir les libertés fondamentales (liberté de la presse, droits humains) et assurer une justice équitable et accessible. Des efforts spécifiques viseront à lutter contre les inégalités, notamment celles subies par les femme
Stabilité sociopolitique
La stabilité du pays sera consolidée par l’alternance politique, l’éducation civique, et la cohésion sociale. Une loi de programmation militaire et la création d’une industrie gabonaise d’armement permettront de renforcer la souveraineté nationale. L’armée gabonaise devra rester républicaine, garante de la stabilité.
Pour ne verser dans un optimisme béat, mais peut-être plutôt prudent, il s’avère toutefois utile et réaliste de retenir que la concrétisation de cette ambition ne sera possible que si le potentiel et les valeurs des hommes qui seront mis à contribution pour sa matérialisation est garantie. Cela, afin d’éviter de tomber dans les travers du passé. Car, faut-il le rappeller, le Gabon n’en est pas à son premier essai puisqu’une étude en matière de prospective avait déjà été conduite pour le pays sur la période 2016-2025. Laquelle, malheureusement a connu des fortunes diverses.
Rompre avec le pilotage à vue de ces dernières années
Qu’à cela ne tienne, le gouvernement compte sur cette étude nationale réalisée à l’horizon 2050, pour rompre avec le pilotage à vue, de ces dernières années, source de mal gouvernance. Parce qu’elle est porteuse d’une transformation accélérée. Ce, d’autant que chaque pays doit améliorer ses capacités de prospective pour voir plus loin, pour éclairer l’avenir en organisant sur les principales problématiques une réflexion concertée permettant des choix politiques cohérents et stratégiques afin d’assurer aux générations qui viennent un meilleur avenir par l’anticipation des mutations et la réduction des incertitudes.
C’est précisément l’objet de ce document qui a pour fonction, d’anticiper les futurs possibles et souhaitables, de prévenir des risques, de réduire le champ des incertitudes et de fournir aux décideurs publics, un cadre d’analyse cohérent et global. « Inutile de dire qu’un pays comme le nôtre dont la crédibilité de la stratégie, y compris à l’heure de la transition politique, s’inscrit dans un cadre pluriannuel, ne peut se passer, dans les compartiments de sa vie économique et sociale d’une réflexion dépassant l’horizon du court terme », avait indiqué Raymond NDONG SIMA, Premier ministre chef du gouvernement de Transition, lors de son lancement officielle dudit projet « Gabon 2050 », le 30 octobre 2024.


















