Les conséquences économiques de cette invasion Russe en Ukraine sont multiples et arrivent au moment où l’économie mondiale traverse encore la quatrième vague de la pandémie de coronavirus avec seulement, 11 %1 de la population africaine ayant un schéma vaccinal complet.
Avant le conflit russo-ukrainien, les Perspectives économiques mondiales étaient bonnes, malgré la flambée des prix observée au niveau international et la perspective d’une hausse des taux d’intérêt directeurs des banques centrales. Il est donc évident que les perspectives économiques mondiales et même par pays, soient globalement empreintes d’incertitudes et conditionnées par la durée du conflit que personne ne peut prévoir avec exactitude.
L’Economic Intelligence Unit estime que cette crise devrait coûter un demi-point de croissance mondiale en 2022. Malgré les incertitudes sur l’issue de la crise, les conséquences sont déjà très préoccupantes pour le monde en général et la CEMAC en particulier.
Les prix de l’énergie et des matières premières, y compris le blé et d’autres céréales, ont significativement augmenté, s’additionnant ainsi aux pressions inflationnistes résultant des perturbations des chaînes d’approvisionnement et du rebond de la pandémie de Covid‑19 dans certaines parties du monde, notamment en Chine.
Il faut noter que les chocs sur les prix auront un impact dans le monde entier, en particulier sur les ménages pauvres, pour qui la nourriture et le carburant représentent une proportion plus élevée des dépenses, et une source de tensions sociales non négligeable. La persistance de ce conflit pourrait donc avoir des dommages économiques très importants.
Outre son effet sur les prix, l’invasion de l’Ukraine à travers les sanctions imposées à la Russie aurait également des répercussions sur l’économie mondiale et les marchés financiers. A la suite des sanctions américaines sur les exportations de la Russie et ses transactions en dollars, l’Union Européenne (UE) a également pris un ensemble de sanctions qui devraient empêcher la conversion en rouble des actifs détenus en dollars américains et en euros, limitant ainsi la capacité de la Banque Centrale de Russie à accéder à environ la moitié des 6433 milliards de dollars américains qu’elle détient en réserves de change.
Les diverses sanctions empêchent également à la Russie de puiser dans son fonds souverain d’urgence, le National Wealth Fund (NWF). En outre, les États-Unis et l’UE ont annoncé que certaines banques russes seraient coupées de SWIFT, le système de paiement mondial. Toutes ces sanctions ont entrainé la chute du Rouble et la capacité de la Banque Centrale à défendre la valeur de cette monnaie.
Les réponses à apporter par les Banques centrales et les Etats à cette crise dépendront vraisemblablement de l’ampleur de l’impact dans chaque pays. A ce sujet, selon la Directrice du FMI, les autorités monétaires devront surveiller attentivement la répercussion de la hausse des prix internationaux sur l’inflation intérieure, afin de calibrer des réponses appropriées.
La politique budgétaire devrait quant à elle soutenir les ménages les plus vulnérables, pour aider à compenser la hausse du coût de la vie. Les pays de la CEMAC seront assurément impactés par cette crise à travers notamment ses effets potentiels sur les prix et le renchérissement du fret que pourrait causer la perturbation des chaines d’approvisionnement, renforcée par les difficultés dans le dénouement des transactions internationales.



















