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Accueil Banques - Finances

Près de 40% des recettes de l’Etat sont consacrées au paiement de la dette (Rapport)

Avec ce ratio, le Gabon détient le niveau de service de la dette/recettes publiques le plus élevé de la zone CEMAC. Les données sont fournies par la Banque des Etats de Etats de l’Afrique centrale dans son récent Rapport sur la politique monétaire.

SC par SC
janvier 1, 2025
dans Banques - Finances, Commerce, Coopération, Culture, Développement, Développement Durable, Devises, Dossier, Economie, Entreprises, Environnement, Evènement, Featured, Finances, Finances Publiques, Formation, Gouvernance, Industrie, Infrastructures, Intégration, International, Investissements, La Minute de L'économie, Marchés Financiers, Transition, Zoom
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Quid du poids du service de la dette dans les économies de la CEMAC ? la réponse à cette question pourrait bien se trouver dans le dernier Rapport sur la politique monétaire publié par la Banque des Etats de Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Selon les termes dudit document, repris par le service économique de la direction générale du Trésor français, le poids du service de la dette publique dans les pays de la CEMAC a significativement évolué entre 2018 et 2024, reflétant des tendances contrastées liées aux niveaux d’endettement à la capacité de mobilisation des ressources publiques et aux pressions budgétaires spécifiques à chaque État membre.

La hausse de la dette brute rapportée au PIB, passée de 49 % en 2018 à 55 % en 2024 en zone CEMAC, a directement contribué à la progression des charges liées au service de la dette publique – paiements annuels requis pour honorer les intérêts et le remboursement du principal de la dette publique – sur les recettes budgétaires et les exportations.

Ce contexte évolue dans un environnement marqué par une croissance économique modérée, avec un taux moyen de 3,7 % attendu en 2024. Cette croissance bien qu’en reprise par rapport aux années précédentes, parait trop limitée pour générer les marges budgétaires nécessaires à une réduction notable des pressions liées au service de la dette.

Le ratio du service de la dette publique par rapport aux recettes budgétaires indique la proportion des ressources publiques absorbées par el remboursement des obligations financières de l’Etat. Cet indicateur, est passé de 14,9 % en 2018 à 22,8 % en 2024 avec un pic à 27,2 % en 2020, signifiant que les gouvernements allouent une proportion plus importante de leurs revenus à la dette. Cette situation s’inscrit dans un contexte où les recettes fiscales progressent à un rythme limité en, raison d’une base fiscale restreinte.

Par ailleurs, l’augmentation des taux d’intérêts sur le marché régional de 4,7% en juin 2018 à 8,1 % en mars 2024, a renchéri le coût du refinancement des engagements domestiques, accentuant les pressions budgétaires. Cette combinaison de facteurs pourrait accroître le risque d’éviction, réduisant ainsi les marges pour fiancer les autres dépenses budgétaires.

Sur la base des données par pays disponibles, c’est au Gabon que le niveau de service de la dette/recettes publiques est le plus élevé, avec un ratio à 50 % en 2020, redescendant à 39,6 % en 2024, soit une hausse marquée de 20,4 points par rapport à 2018 où il s’élevait à 19,2%. Au Cameroun, après un pic à 28,8 % atteint en 2021, le ratio a progressivement diminué pour s’établir à 15,2% en 2024, enregistrant toutefois une augmentation de 4,4 points par rapport à 2018 (10,8 %). En Guinée équatoriale, le ratio a fluctué entre un creux à 6,9 % en 2018 et un sommet à 41,1% en 2020 avant de s’ajuster à 7,6% en 2024 marquant une progression modérée de 0,7 point par rapport à 2018. Enfin, au Tchad, une progression notable est observée, évoluant de 18,8 % en 2018 à 22,7 % en 2024, soit une hausse de 3,9 points, après un recul temporaire à 13,9 % en 2023.

Le ratio du service de la dette par rapport aux exportations de biens et services non financiers (XBSNF) illustre la pression exercée par le service de la dette sur les revenus d’un pays et sa dépendance aux recettes extérieures pour honorer ses engagements financiers. Entre 2018 et 2024, cet indicateur a doublé, évoluant de 7,6 % à 14,5 %, traduisant une dépendance accrue des économies aux revenus générés par les exportations pour honorer leurs engagements financiers. Dans la région CEMAC, cette progression au cours des deux dernières années est en partie due à la baisse des prix du pétrole, principale source de devises, ayant régressé de 99,8 USD/baril en 2022 à 81 USD attendus en 2024.

Néanmoins, ce ratio met en lumière des disparités marquées dans la dépendance aux recettes d’exportations pour le remboursement des dettes publiques. Il reflète aussi en partie, les écarts dans les niveaux les niveaux de dette rapportée au PIB entre les différents pays.

Toujours sur la base des données disponibles par pays, au Cameroun, le ratio a connu une progression notable, culminant à 28,6 % en 2021 avant de se stabiliser à 17,3 % en 2024, marquant une hausse de 8,2 points par rapport à 2018. Au Gabon, l’évolution est encore plus marquée, avec un bond de près de 10 points, atteignant 17,7 % en 2024 contre 7,9 % en 2018.

Le ratio a culminé en 2020 à 30,2 %, mais a connu une baisse sensible en 2022, atteignant son minimum de 6,6 %. En Guinée équatoriale, le ratio, bien que globalement plus faible, est passé de 2,8 % en 2018 à 6,4 % en 2024, soit une augmentation de 3,6 points de pourcentage. La valeur la plus élevée a été observée en 2020 (19,2 %), avant de reculer fortement en 2022 pour atteindre un plancher de 0,8 %. Quant au Tchad, le ratio a progressé de 9,2 % en 2018 à 12,4 % en 2024, enregistrant son niveau le plus élevé cette même année, après un creux à 6,9 % en 2023.

Pour 2025, les projections sur la zone CEMAC suggèrent une amélioration des deux ratios, traduisant une légère détente des contraintes liées au service de la dette. Le ratio du service de la dette publique/recettes budgétaires est attendu en diminution à 17,6 %, mais demeure à un niveau élevé. De même, le ratio du service de la dette/XBSNF se réduirait à 12,3 %, reflétant une moindre pression sur les revenus d’exportations, mais toujours indicative d’une charge importante pour les économies de la région.

 

 

 

 

 

 

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