Malgré l’issue heureuse de la fusion du marché financier d’Afrique centrale en juin 2019, force est de constater que le secteur fait encore face à de nombreux écueils. L’on cite entre autres, une faible activité, sur le marché primaire comme sur le marché secondaire, avec seulement cinq sociétés introduites à la cote et une dizaine d’obligations en décembre 2021 ; un déficit de culture financière ; des émetteurs peu sensibilisés aux opportunités apportées par le marché financier ; des investisseurs peu nombreux et peu tournés vers le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Autre difficulté et non des moindres, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) fait aussi face à l’absence de culture boursière et financière au sens large dans l’ensemble des États membres de la CEMAC.
La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) qui pilote le dossier a décidé de mettre les bouchées doubles. Elle entent ainsi s’attacher des services d’un consultant, pour l’identification des entreprises publiques/privées pilotes pour la cotation en bourse et les émissions obligataires en zone CEMAC.
Les services prévus au titre de ce contrat comprennent entre autres : l’inventaire/étude par pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad), des sociétés pouvant être introduites en bourse, afin d’établir une base de référence; l’identification des entreprises publiques et privées pilotes dans les six États de la CEMAC en vue de leur cotation à la bourse unifiée (BVMAC); l’identification des freins qui bloquent l’entrée en bourse ou la levée obligataire effective des entreprises privées et publiques cibles.
Le profil du cabinet ou le bureau d’Ingénieur conseils (international ou national) est également précisé. Il devrait être une entreprise spécialisée dans les domaines concernés et devra disposer d’une équipe multidisciplinaire ayant une bonne expérience dans des missions d’accompagnement d’introduction de société en bourse/émission d’emprunt obligataire.
Pour rappel, après un longue bataille de leadership entre le Cameroun et le Gabon, c’est en juin 2019, que la BVMAC a absorbé Douala Stock Exchange (DSX), la bourse des valeurs mobilières du Cameroun. Cette réforme faisait suite à la décision des chefs d’État de la CEMAC de fusionner les marchés financiers de la CEMAC.
Pour ce faire, la BVMAC se doit de promouvoir le marché financier régional, la culture boursière et financière pour créer, préserver et pérenniser une croissance significative du volume des financements par le marché financier et les transactions boursières, levier pour le développement et la liquidité du marché financier de l’Afrique centrale.
Par ailleurs, la redynamisation du marché financier régional comporte trois sous-objectifs : promouvoir l’offre de titres sur le marché par l’action volontariste des États comme électrochoc de départ ; inciter la demande de titres sur le marché par le développement de l’épargne longue, la consolidation de la base des investisseurs et la diversification de l’offre de produits et enfin, renforcer l’intégration des systèmes financiers des États de la CEMAC.



















