La pauvreté semble avoir fait son lit durablement en Afrique centrale. Dans son Baromètre économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), publié ce mois décembre 2025, la Banque mondiale renseigne suffisamment sur son degré et ses effets induits à travers la sous-région. Le constat est bien évidement ahurissant au regard de l’énorme potentiel de richesses dont regorge cette partie du continent. Un véritable contraste.
Selon la Banque mondiale, la proportion de personnes vivant avec moins de 3 dollars par jour – en Parité de pouvoir d’achat (PPA) de 2021 – est passée d’environ 36,6% en 2023 à 37,0% en 2024, tandis que le taux d’extrême pauvreté dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’élevait à 29,7%.
Autrement dit, 24,2 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté en zone CEMAC. Les niveaux de pauvreté varient considérablement, les taux les plus élevés étant enregistrés en République centrafricaine (67,5%) et en République du Congo (51,8%), tandis que les niveaux les plus faibles sont enregistrés au Gabon (4,1%) et en Guinée équatoriale (9,4%).
Lorsqu’on la mesure sur la base d’autres seuils, tels que le taux de revenu intermédiaire de la tranche supérieure de 8,3 dollars par jour (en PPA de 2021), la pauvreté en zone CEMAC est encore plus élevée, avec 81,3% de la population en 2024.
La pauvreté persistante dans la région met en évidence les principaux défis à relever pour parvenir à une croissance plus robuste et fondée sur l’emploi, qui permettrait de sortir davantage de personnes de la situation de pauvreté. Comme pistes de solutions visant à juguler cette crise de la pauvreté, la Banque mondiale préconise d’investir dans des systèmes de protection sociale plus solides et plus vastes, ainsi que dans la formation de la main-d’œuvre et des réformes visant à améliorer le climat des affaires



















